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Guy Bisaillon, mort dans la discrétion

Drapeau québec
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Ce n’est pas les vieux qui perdent la mémoire de plus en plus, ce sont les jeunes qui en ont de moins en moins. L’ex-député péquiste et syndicaliste Guy Bisaillon est mort dans la quasi indifférence des institutions où il avait évolué et contribué à faire avancer les causes des travailleurs et du peuple québécois.

Aucun officier actuel du syndicat de Champlain, dont il a été le président fondateur, aucun représentant officiel de la CSQ, organisme où il a siégé sur le Conseil d’administration, au début des années 70, et aucun des élus péquistes actuels, bien que le chef Jean-François Lisée ait envoyé un message de sympathie, n’est venu manifester sa reconnaissance à l’égard de l’engagement qu’il a manifesté tout au long de sa vie pour le bien-être de ses semblables. C’est dans un petit salon mortuaire, sans tambour ni trompette, que ses proches et quelques amis de longue date sont venus saluer le départ du militant perpétuel qu’il était devenu.

Guy Bisaillon a pourtant été des premières négociations nationales qui ouvrirent la voie à la professionnalisation du métier enseignant et qui débouchèrent sur des conditions de travail à hauteur de l’importance de leur tâche. Il s’est investi dans le mouvement indépendantiste et a cédé la circonscription de Taillon à René Lévesque pour l’assurer de son élection, et ce, après un travail militant acharné et s’y être présenté en 1973. Il est devenu député péquiste de Ste-Marie en 1976, a été réélu en 1981 et s’est retiré du caucus péquiste en 1983 parce qu’il refusait de voter pour l’inique et répressive loi 111 du gouvernement Lévesque forçant le retour au travail des enseignants en les menaçant d’une kyrielle de sanctions.

Fidèle à ses origines et à ses principes, l’homme s’est catapulté lui-même en dehors de l’Assemblé nationale en refusant de suivre une ligne de parti qui heurtait de plein fouet ses convictions. Il ne s’est pas nourri d’aigreur et a continué à croire aux bénéfices de la souveraineté et à l’importance d’organiser les travailleurs en syndicat. Plus encore, il s’engagea dans l’action sociale et dans le développement du mouvement coopératif, persuadé que c’est ensemble que nous avions les meilleures chances d’assurer des conditions de vie décentes à l’ensemble des citoyens.

On se souviendra de lui pour ses interventions remarquées dans la grève de la United Aircraft ou dans le dossier des gens de l’air. Il faudra aussi se rappeler qu’il était un communicateur hors pair qui ne manquait aucune occasion de mobiliser les sympathisants aux causes qui lui étaient chères.

La mémoire peut être évanescente, mais les bons souvenirs reviennent toujours à la surface. Salue Guy, on ne t’oubliera pas!