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Hausse scandaleuse

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La forte augmentation de la rémunération en 2016 de la haute direction de Bombardier est tout simplement scandaleuse.

Voulez-vous savoir quel argument on m’a servi pour justifier pareille hausse abusive allant de 30 % à plus 50 %, selon les dirigeants? La haute direction mérite cette augmentation parce que l’action de Bombardier a grimpé en 2016 de 61 %. Comme quoi le plan de redressement et de repositionnement de l’entreprise mis en place par la direction a rapporté gros aux actionnaires qui ont vu l’action boucler l’année à 2,16 $, à comparer à 1,34 $ à la fin de décembre 2015. À mon avis, l’argument des bonzes de Bombardier ne tient absolument pas la route.

SUR NOTRE DOS

Si l’action de Bombardier s’est à ce point appréciée en 2016 c’est parce que le gouvernement Couillard et la Caisse de dépôt et placement du Québec ont investi à eux deux 3,3 milliards de dollars pour assurer la survie de Bombardier. Sans cet investissement massif du gouvernement et de notre bas de laine québécois, Bombardier risquait la déconfiture. Cela dit, remettons en perspective l’évolution de l’action de Bombardier en 2015 et 2016, et ce en parallèle avec l’évolution de la rémunération des deux principaux dirigeants de la compagnie.

BAISSE DE L’ACTION

C’est le 13 février 2015 que le nouveau président et chef de la direction, Alain Bellemare, entrait en fonction. L’action de Bombardier avait fermé, la veille, à 2,69 $.

Son prédécesseur, Pierre Beaudoin, était, pour sa part, muté au poste de «président exécutif du conseil». À l’époque, la grogne sévissait chez les actionnaires. Il faut dire que l’action avait dramatiquement chuté en un mois et demi. L’action avait bouclé l’année 2014 à 4,15 $.

Bombardier comptait donc sur Alain Bellemare pour remettre Bombardier sur la bonne voie et lui redonner de la valeur. Et pour ce faire, on lui a versé en 2015 une rémunération de 8,9 millions de dollars canadiens pour onze mois de travail.

Pour sa part, Pierre Beaudoin allait encaisser en 2015 une rémunération de quelque 5 millions de dollars canadiens.

Quand les bonzes de Bombardier nous disent que les hauts dirigeants méritent leur grosse augmentation, j’aimerais leur rappeler que l’action en 2016 a fermé à 2,16 $.

CONCLUSION

Entre l’arrivée de M. Bellemare en février 2015 et la fin de 2016, l’action de Bombardier accuse une diminution de presque 19,4 %. Comment justifier une augmentation de sa rémunération équivalant à 32 %, laquelle atteint en 2016 les 12,5 millions? Que dire de Pierre Beaudoin? Il a reçu une hausse de rémunération de 36,5 % alors que l’action accuse un recul de 48 % depuis la fin de décembre 2014. Et soulignons qu’ils ont annoncé en 2016 la suppression de 14 500 emplois. Inacceptable!