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Un policier qui a tiré sur un ado n’avait pas à le faire, selon la Couronne

Éric Deslauriers<br>
<i>Accusé</i>
Photo Martin Alarie Éric Deslauriers
Accusé

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SAINT-JÉRÔME | Le sergent de la Sûreté du Québec qui a atteint mortellement un ado de 17 ans à Sainte-Adèle en janvier 2014 était à côté de la voiture conduite par l’adolescent et non devant, a plaidé l’avocate de la Couronne.

Ce fait est important puisque le sergent Éric Deslauriers s’est défendu lors de son procès pour homicide involontaire qui se tenait cette semaine en disant qu’il craignait pour sa vie parce que la voiture volée conduite par David Lacour fonçait sur lui.

Or, le policier a tiré deux fois sur la victime. Le premier coup de feu a été tiré de face et a atteint David Lacour au coude. Mais le coup mortel au cou de la victime a été tiré alors que la voiture passait à côté du policier. Il ne représentait donc plus un risque pour le sergent, a plaidé la Couronne.

«C’était inutile de tirer dans les circonstances. Il (Deslauriers) n’a pas été frappé. S’il a eu le temps de tirer deux fois, il aurait eu le temps de faire deux pas de côté pour laisser fuir le jeune», a affirmé vendredi l’avocate de la Couronne, Me Julie Laborde.

Me Laborde questionne également l’urgence de sortir son arme.

«Le jeune a rincé son moteur en réaction à la main du policier sur l’arme à feu. Il (Deslauriers) n’a jamais ajusté son intervention. Il n’a pas donné les motifs de son interception, pourtant il sait que le jeune l’entend.»

Légitime défense

Nadine Touma, avocate de la défense, a quant à elle rappelé le témoignage de l’expert en emploi de la force, Bruno Poulin, qui soutient qu’Éric Deslauriers aurait bien agi dans le contexte.

«Il y a urgence d’agir quand le véhicule Mazda fonce sur le policier [...] Le conducteur ne peut pas fuir, la voie est bloquée. Il (Deslauriers) n’a pas pensé qu’il allait se faire foncer dessus. On ne pense pas que quelqu’un va faire une tentative de meurtre sur nous. Le policier a une seconde pour se faire une idée», lance-t-elle.

De son côté, la Couronne soutient que «la croyance du policier que le jeune lui fonçait dessus n’est pas raisonnable. Il n’était pas nécessaire d’employer une force mortelle. C’était futile et inutile.»