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Cinq mois pour réparer un trou dangereux

Une citoyenne recevra un dédommagement de 700$

Avenue Pierre-Dupuy
Photo courtoisie Avenue Pierre-Dupuy

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La Ville de Montréal a mis cinq mois à réparer une bouche d’égout endommagée même si une automobiliste y avait brisé sa voiture.

Lynda Briant roulait sur l’avenue Pierre-Dupuy pour se rendre au parc Jean-Drapeau lorsqu’un de ses pneus a été détruit en roulant sur une bouche d’égout sans couvercle, en juillet 2015.

Montréal était pourtant au courant de la défectuosité du couvercle depuis deux mois quand la roue Mme Briant s’est engouffrée dans le trou.

«Lorsque j’ai su que ça faisait aussi longtemps que la Ville était au courant qu’il y avait un danger à cet endroit, j’ai été choquée», dit Mme Briant.

Malgré l’accident, Montréal a mis trois autres mois pour faire les travaux.

Un juge a condamné la Ville à payer plus de 700 $ à Mme Briant.

«La Ville savait qu’il y avait des véhicules lourds qui circulaient sur la rue et que leur passage sur la bouche d’égout pouvait en arracher le couvercle», écrit le juge François Bousquet.

Dans son témoignage, Montréal a soutenu qu’elle avait des «travaux plus urgents à exécuter ailleurs sur le territoire».

Le pneu de l’automobiliste a été détruit quand il a roulé sur une bouche d’égout sans couvercle sur l’avenue Pierre-Dupuy, en juillet 2015.
Photo courtoisie
Le pneu de l’automobiliste a été détruit quand il a roulé sur une bouche d’égout sans couvercle sur l’avenue Pierre-Dupuy, en juillet 2015.

Meilleure signalisation

Le juge estime que la Ville aurait dû mieux indiquer le danger causé par le couvercle chambranlant.

«Il était insuffisant de signaler le danger en installant uniquement deux cônes orange susceptibles d’être déplacés facilement», peut-on lire dans le jugement.

Lors du passage de Mme Briant, les cônes avaient été déplacés et se trouvaient à environ cinq pieds du trou, sur le trottoir plutôt que sur la rue.

«Je n’en revenais pas, les cônes étaient autour du couvercle plutôt qu’autour du trou», se souvient Mme Briant, qui réside au Nouveau-Brunswick, mais visite souvent la métropole.

La Ville n’a pas donné suite à notre deman­de d’entrevue.

Balade coûteuse

Grâce à l’aide d’un bon samaritain, Mme Briant a pu mettre sa roue de secours pour se rendre au garage.

«Le pneu et la jante étaient finis», soutient Mme Briant, qui est ressortie du garage avec une facture de 720,09 $.

La femme a d’abord tenté de se faire dédommager dans les mois suivant son accident, mais la Ville a rejeté sa plainte.

Mme Briant a décidé d’aller jusqu’aux petites créances pour obtenir gain de cause.

«Je suis soulagée. C’est toujours très difficile de se battre contre la Ville, mais je tenais à aller jusqu’au bout, parce que je veux qu’elle assume ses responsabilités», explique Mme Briant.