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Un bruit imaginaire lui coûte 5200$

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Une Montréalaise qui a embêté ses copropriétaires pendant plus de six ans pour des bruits qu’elle seule entendait vient d’être condamnée à leur verser 5200 $ pour ses crises d’hystérie.

C’est bien beau entendre des bruits, mais il faut des preuves avant d’accuser les copropriétaires d’en haut. Et surtout, ça ne justifie pas de hurler à toute heure du jour et de la nuit pour exiger que cesse ce bruit que personne d’autre qu’elle n’entend, vient de conclure la juge Jo Ann Zaor. La magistrate a condamné France Bouchard à verser un total de 5200 $ aux copropriétaires qui, exaspérés par ses crises, l’ont envoyée en cour.

Bruits bizarres

Dès 2009, la femme dit qu’elle entend des bruits bizarres dans le condo du haut du triplex de la rue Teck, dans l’est de Montréal.

La situation dégénère très rapidement avec ses voisins. Elle en parle à sa copropriétaire qui habite au-dessous, Louise Lecavalier, mais celle-ci dit ne rien entendre, même après être passée plusieurs fois chez Mme Bouchard. Cette dernière continue de multiplier les plaintes contre ses voisins d’en haut.

De 2009 à 2015, elle hurle en guise de représailles, monte le son de sa télé au maximum, ferme violemment la porte-fenêtre, appelle la police, fait venir la Ville, rien n’y fait.

Des bons à rien

À ses yeux, même les experts sont des bons à rien. En 2014, une inspectrice de l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve passe pour évaluer la situation à la suite d’une plainte.

«J’entends effectivement un bruit, écrit-elle dans son rapport. Celui-ci provient du réfrigérateur de la dame, vieux réfrigérateur de 32 ans. Il est possible que le bruit soit plus fort à l’occasion. La plaignante est sceptique et ne me croit pas que c’est son réfrigérateur, malgré que son frère lui ait dit la même chose.»

Un an plus tard, France Bouchard paie 1250 $ pour les services d’un acousticien qui, après une visite de trois heures, écrit n’avoir trouvé «aucun appareil chez [ses] voisins du haut et du bas qui justifie l’intrusion sonore [qu’elle subit]».

En 2015, elle paie 2115 $ pour un avocat. On ne sait pas si c’est lui qui conseille à la dame de se calmer, mais elle cesse d’être désagréable en juin 2015, même si, selon elle, le bruit persiste toujours.

De toute évidence, son changement d’attitude n’a pas suffi aux yeux de la juge, qui retient que les voisins ont été importunés pendant plus de six ans. Surtout qu’ils cherchaient réellement à aider la dame, constate-t-elle.

La juge conclut à un «abus de voisinage» et condamne la dame à verser 1200 $ à sa voisine du bas et 4000 $ au couple du haut.

Ce que dit la loi 

« Les voisins doivent accepter les inconvénients normaux du voisinage qui n’excèdent pas les limites de la tolérance qu’ils se doivent. »
– Code civil du Québec