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De policier à col blanc

Alexeï Emelin a eu maille à partir avec Shawn Thornton, jeudi.
Photo Martin ­Chevalier Alexeï Emelin a eu maille à partir avec Shawn Thornton, jeudi.

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Shawn Thornton, des Panthers de la Floride, va fort probablement disputer le dernier match de sa carrière face au Canadien lundi soir et ce sera un soulagement pour bien des joueurs du Tricolore qui ont eu droit à plusieurs coups de gueule avec celui qui a fait la pluie et le beau temps avec les Bruins de Boston pendant sept saisons.

L’histoire de cet attaquant de 39 ans n’est pas banale parce qu’elle aurait dû se terminer précisément il y a 10 ans. Il était sur le point d’abandonner sa carrière pour devenir un policier dans la ville où il a grandi, Oshawa, en ­banlieue de Toronto.

Sauf que les Ducks d’Anaheim lui ont demandé, à l’été 2006, de se joindre à l’équipe pour une saison. Il avait 29 ans et n’avait joué que 31 matchs dans la LNH avec les Blackhawks de Chicago.

C’était la dernière chance qu’il ­donnait à sa carrière de hockeyeur.

Les bagarres faisaient encore bien partie du paysage en 2006 et chaque formation avait au minimum deux joueurs qui n’avaient pas peur de jeter les gants, particulièrement dans ­l’Association de l’Ouest.

Todd Fedoruk s’était fracturé le visage le 27 octobre, dans un combat face à Derek Booggard. Les Ducks ont alors rappelé Shawn Thornton, qui n’a plus jamais disputé une seule rencontre dans la Ligue américaine par la suite.

La coupe stanley

Il jouait au sein d’un quatrième trio qui connaissait du succès et les Ducks ont remporté la coupe Stanley face aux Sénateurs d’Ottawa en 2007. C’était le comble pour le dur à cuire et il pouvait mettre son projet de devenir policier sur la glace.

Après la finale de la Coupe Stanley, les Bruins ont cogné à sa porte et il a passé sept saisons avec cette équipe, remportant même son deuxième championnat en 2011.

«Je me souviens très bien de mon arrivée avec les Bruins, soutient Shawn Thornton. Il n’y avait plus beaucoup de spectateurs dans les gradins et Claude Julien est arrivé avec une nouvelle ­philosophie.

«On donnait tout ce qu’on pouvait et c’était difficile de nous affronter. Les amateurs ont apprécié et le Garden a recommencé à se remplir. Je me souviens de notre première série contre Montréal – le Canadien l’avait emporté difficilement en sept matchs – qui nous a permis de nous projeter à un autre niveau.»

700 matchs plus tard

Malgré le fait qu’il a peu joué dans la LNH entre l’âge de 20 ans et 29 ans, Thornton aura disputé un peu plus de 700 matchs dans la LNH.

Évidemment que ce joueur de caractère a déjoué toutes les prédictions. Lui-même est surpris d’enfiler encore un uniforme.

«Je ne pensais pas jouer cette saison, mais les Panthers m’ont accordé une prolongation de contrat parce qu’il voulait que je demeure dans le vestiaire. On m’avait prévenu qu’il était possible que je ne dispute pas une seule rencontre et j’étais d’accord avec ça. Finalement j’en aurai joué environ 50 matchs cette saison. J’apprécie chaque moment.»

Passer à autre chose

Shawn Thornton va rendre la vie difficile à Alexeï Emelin encore lundi soir mais cet été, il va complètement changer de rôle. Il va travailler avec le président des Panthers, Mathew Caldwell, pour apprendre un métier qu’il aimerait un jour faire, soit celui de diriger une formation de la LNH.

«On m’a offert un nouveau rôle et je vais apprendre comment m’occuper de la business du hockey, des chiffres, et tout ce qui a trait au volet communautaire.

«Des fois, je me dis que je pourrais jouer une autre saison mais parfois mes mains me font très mal (1103 minutes de pénalité) et je me dis qu’il est temps de passer à autre chose. Je suis quand même vraiment heureux d’avoir réussi à jouer dans cette ligue si longtemps.»

MONTOYA RÉÉVALUÉ

C’est ­aujourd’hui que les médecins du Canadien vont réévaluer l’état de santé du gardien Al Montoya, qui s’est blessé il y a une semaine lors d’un entraînement. La blessure n’est pas jugée majeure et il pourrait rejoindre ses coéquipiers pour le reste du voyage. Pour ce qui est de Charlie Lindgren, il est possible qu’il obtienne le départ face aux Panthers lundi soir. Claude Julien a mentionné à plusieurs reprises que Carey Price n’allait pas disputer tous les matchs d’ici la fin de la saison.

LE DÉFI DE STAMKOS

Steven ­Stamkos se remet d’une blessure au genou droit subie le 15 novembre et on croyait qu’il allait être en mesure d’affronter le Canadien samedi mais ça n’a pas été le cas. Stamkos se rapprochait d’un retour mais il manque encore de flexibilité dans son genou et c’est pourquoi il préfère attendre. La pression est toutefois forte sur ses épaules pour qu’il revienne au jeu le plus rapidement possible alors que le Lightning bataille pour une place en séries. Reste qu’il y a aussi un aspect physiologique à sa décision alors qu’il ne veut pas revenir au jeu et devenir un fardeau pour son équipe.

UNE ERREUR MAJEURE

Lorsque ­Jonathan Quick est tombé au combat en début de saison, le directeur général des Kings, Dean Lombardi, a décidé de faire confiance à Peter Budaj. À la grande surprise de plusieurs, ce dernier a permis aux Kings d’être dans la course pour une place en séries. Aussi incroyable que cela puisse paraître, la transaction qui a envoyé Budaj à Tampa contre Ben Bishop a complètement coupé les ailes des joueurs des Kings, qui ont une fiche de 7-7-2 depuis la transaction et ils seront éliminés d’une place en séries cette semaine. Budaj a été une inspiration pour ses coéquipiers à Los Angeles et avec le succès qu’il connaissait là-bas, il est surprenant que Lombardi ait décidé de se débarrasser de ses services pour un gardien de location.