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Don de 25 000 $ : Coderre reconnaît son erreur

Don de 25 000 $ : Coderre reconnaît son erreur
JOEL LEMAY/AGENCE QMI

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Le maire de Montréal a reconnu lundi qu’il a fait une erreur en ne déclarant pas le don de 25 000 $ qu’il a reçu de l’homme d’affaires Jean Rizzuto, destiné à payer ses frais d’avocat dans son litige contre un joueur de hockey.

«Peut-être que j’aurais dû le faire [déclarer le don au commissaire à l'éthique], a-t-il admis lundi devant les journalistes. Mais pour moi ce n’était pas un cadeau, c’était quelqu’un qui voulait payer des frais d’avocat. Je ne vois pas d’autre problème», a expliqué Denis Coderre.

Notre Bureau d'enquête rapportait lundi qu’alors qu’il était député fédéral, M. Coderre a encaissé un chèque personnel de M. Rizzuto, ami du maire depuis 30 ans, homme d’affaires et ex-collecteur de fonds du Parti libéral du Canada. Ce dernier est entre autres propriétaire de Métrocom, une entreprise qui gère la location d'espaces commerciaux dans le métro de Montréal et du Marché 440 à Laval. Il a affronté Gilles Vaillancourt à l'élection pour la mairie lavalloise en 1993.

Ce chèque devait aider Denis Coderre à payer ses frais d’avocats dans une poursuite qui l’opposait à Shane Doan en 2005.

Le litige concernait des propos tenus par M. Doan et qualifiés de «francophobes» par M. Coderre. Ce dernier avait alors réclamé que le hockeyeur ne représente pas le Canada aux Jeux olympiques.

Le maire a dit qu’il avait demandé à l’époque que la Chambre des communes assume les frais juridiques du litige, mais que cela lui avait été refusé. «J’ai dû assumer [les frais juridiques]. Alors M.Rizzuto m’a aidé, parce qu’il croyait à cette cause», a expliqué le maire.

De possibles conflits d’intérêts

Danielle Pilette, experte en politique municipale à l’UQAM, croit que M. Coderre aurait dû déclarer ce don. «Montréal n’est pas un gros marché. Le risque d’apparence de conflits d’intérêts est souvent là. Il va falloir examiner tout cela», dit-elle.

Cette affaire pourrait même tacher l’image du maire à l’approche de la prochaine élection municipale, croit Jérome Couture, chercheur à l'Institut national de recherche scientifique et spécialisé en politique municipale.

«Il y a deux choses qui peuvent faire en sorte qu’un maire se fasse battre aux élections: si de l’information négative circule à son sujet ou si les taxes sont trop élevées. Dans ce cas, c’est quelque chose qui sera pris au sérieux par la population», croit le chercheur.

– Avec la collaboration de Sarah-Maude Lefebvre, Agence QMI