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Une expérience québécoise lancée dans l’espace

Les scientifiques étudient un carburant non polluant

Jan Palecka et le chercheur Dr. Sam Goroshin
Photo courtoisie L'étudiant au doctorat Jan Palecka et le chercheur Sam Goroshin de l’Université McGill sont en Suède pour le lancement en orbite de leur expérience, jeudi.

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Des chercheurs québécois qui pensent avoir trouvé le carburant du futur l’étudieront dans l’espace à l’aide d’une expérience qui sera lancée jeudi en Europe.

«Nous souhaitons arriver à utiliser les poudres métalliques comme un carburant qui produirait de l’énergie. Ces poudres contiennent plus d’énergie au kilo que le gazole [diesel] et ne produisent pas de gaz à effet de serre», explique Jan Palecka, étudiant au doctorat en génie mécanique à l’Université McGill.

Il a parlé au Journal depuis de la ville de Kiruna, tout au nord de la Suède. C’est de là que sera lancée une fusée avec à son bord une expérience de pointe, l’aboutissement de 20 ans de recherche à cette université montréalaise sur les carburants à base de poudre de fer.

«La réaction [qui est étudiée] est la même qui se passe dans certains types de batteries. La seule différence est que notre expérience se passe à des températures beaucoup plus élevées», explique le chercheur tchèque installé au Québec depuis une dizaine d’années.

Espace

Avant que ne se réalise son rêve de conduire une voiture à l’énergie verte à base de poudre métallique, encore faut-il mieux comprendre comment la réaction chimique fonctionne.

Pour se faire, les chercheurs de McGill doivent observer une flamme de poudre de métal dans l’espace.

«On doit être en apesanteur, parce dans le laboratoire les particules se déposent trop rapidement et le gaz produit monte, ce qui interrompt l’expérience», décrit Jan Palecka.

Cela sera possible grâce à un module conçu par la compagnie européenne Airbus. À l’aide d’une fusée scientifique de l’Agence spatiale européenne, l’expérience s’envolera à une altitude de 700 km, soit deux fois plus haut que la Station spatiale internationale.

Le tout orbitera autour de la terre pendant 12 minutes, peu après minuit (heure du Québec) dans la nuit de mercredi à jeudi.

Énergie verte

Le module contenant les précieuses données retombera sur terre jeudi, et sera récupéré pour analyse à Montréal. Cela devrait prendre plusieurs mois, prévient le professeur en génie mécanique à McGill Jeffrey Bergthorson.

«Il reste encore beaucoup de travail pour mieux comprendre et modéliser ces flammes. Cela pourrait prendre quelques mois», indique-t-il.

Le professeur espère que les théories sur la combustion de poudres métalliques seront confirmées par l’expérience, ce qui pourrait permettre leur utilisation d’ici 5 ou 10 ans.

«Peut-être pas dans nos voitures initialement, mais sans doute pour la génération d’électricité au lieu de consommer des combustibles fossiles. L’idée est de remplacer le pétrole dans l’économie globale», rêve l’expert.