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Jean Lapointe pour la légalisation du pot

L’ex-sénateur veut aussi sensibiliser sur les dangers associés à la consommation

Jean Lapointe, fondateur d’un centre de réadaptation pour toxicomanes, et sa fille, Anne Elizabeth Lapointe, ont annoncé hier leur soutien à la légalisation du cannabis.
Photo Vincent Larin Jean Lapointe, fondateur d’un centre de réadaptation pour toxicomanes, et sa fille, Anne Elizabeth Lapointe, ont annoncé hier leur soutien à la légalisation du cannabis.

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L’un des plus importants centres qui traitent des toxicomanes au Québec est d’accord avec la légalisation de la marijuana si l’argent tiré des taxes de la vente de la substance sert à informer les gens sur les dangers d’en fumer.

Jean Lapointe, fondateur du centre qui porte le même nom et ancien sénateur, est pour la légalisation parce que cela permettrait de contrôler la puissance du cannabis que fument les Canadiens.

«C’est ça, la beauté de la légalisation. On est capable de contrôler le taux de THC (l’élément actif de la marijuana), dit sa fille qui est directrice à la Maison Jean Lapointe, Anne Elizabeth Lapointe. Ce n’est pas le cas lorsque c’est illégal, on ne peut pas savoir ce que le pusher nous donne.»

Des taxes pour prévenir

Mais avec la légalisation de la marijuana, il faut absolument informer les gens des dangers associés à la consommation du cannabis, affirme Jean Lapointe.

«La prévention, c’est la seule façon d’éviter les problèmes liés à la consommation, dit-il. Voilà pourquoi pour nous, la condition à la légalisation, c’est la prévention.»

Selon eux, il faut utiliser les taxes tirées de la vente de cannabis pour s’assurer que les gens comprennent les dangers liés à la dépendance à cette drogue.

«Ça peut être des campagnes publicitaires à la télé, des capsules vidéo ou des formations en ligne, des dépliants», précise Anne Elizabeth Lapointe.

Et ils savent de quoi ils parlent. La Maison Jean Lapointe, qui existe depuis 35 ans, traite chaque année environ 1000 patients pour des dépendances à l’alcool, à la drogue et au jeu.

Depuis 2008, des représentants de la Maison Jean Lapointe ont aussi rencontré plus de 340 000 élèves de la première année du secondaire dans les écoles pour leur parler des dangers associés à la consommation du cannabis.

«Nous savons aujourd’hui que chaque dollar investi en prévention permet d’économiser 10 dollars en coûts sociaux, explique Annie Papagoergiou, directrice générale de la Fondation Jean Lapointe.

La légalisation s’en vient

«Le gouvernement a déjà pris la décision d’aller de l’avant avec la légalisation, dit Anne Elizabeth Lapointe. Nous, on veut lever un drapeau et faire valoir notre position.»

Le gouvernement de Justin Trudeau déposera un projet de loi au courant de la semaine prochaine avec l’objectif d’autoriser l’usage récréatif de la marijuana le 1er juillet 2018, jour de la fête nationale.

L’achat et la consommation de cannabis seraient réservés aux personnes majeures (18 ou 19 ans dans la majorité des provinces), et tout trafic ou vente à des mineurs serait passible de poursuites.