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Son humour l’a guéri

Clément Fortin a survécu à trois cancers et il est convaincu que son optimisme a beaucoup aidé

Clément Fortin
Photo Chantal Poirier Clément Fortin n’a jamais craint de mourir de la maladie. Au contraire, il a fait des blagues sur les tâches qui apparaissaient sur son corps.

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Il y a pire que le cancer selon Clément Fortin, qui n’a jamais eu peur de mourir malgré trois diagnostics de la maladie.

«J’ai eu plus peur de mourir lorsque j’ai fait une pancréatite que lorsqu’on m’a annoncé que j’avais un cancer», raconte M. Fortin.

Atteint d’un premier cancer de la peau en 1992, il a fait une récidive un an plus tard qui a nécessité une deuxième opération pour lui enlever davantage de peau près d’un grain de beauté cancéreux dans le dos.

Pas pour les pessimistes

Pendant plus de vingt ans, l’homme croyait avoir gagné son combat contre la maladie.

Mais lors d’une visite de routine en 2009, le médecin lui a annoncé qu’il avait le cancer de la prostate. Loin de se décourager, il savait qu’il allait gagner à nouveau son combat

«Ce qu’il faut savoir c’est que le cancer n’aime pas les pessimistes», fait valoir M. Fortin.

Cette phrase, l’ancien infirmier ne l’a jamais oubliée.

«C’est une de mes collègues infirmières qui m’avait lancé ça lorsque je lui ai appris que j’étais malade», se souvient-il.

Accepter

L’homme aujourd’hui âgé de 62 ans a toujours décidé de mener ses trois combats le plus positivement possible en refusant de laisser la peur de mourir s’emparer de lui.

«Le mot cancer provoque bien entendu un choc, ça donne une gifle, mais si j’avais laissé les inquiétudes et les craintes m’envahir, ça aurait été une première victoire pour la maladie», dit-il.

M. Fortin a même fait des blagues avec son cancer. Il s’amusait à trouver des formes aux grains de beauté et taches suspectes sur son corps.

Sur son avant-bras, il montre une petite tâche qui forme un cœur.

«Ce n’est pas facile de dédramatiser, mais je pense que c’est ce qu’il faut faire. Ce n’est pas de banaliser la maladie, mais plutôt de ne pas la laisser prendre le dessus», souligne-t-il.

M. Fortin comprend toutefois qu’il peut être difficile pour certains d’accepter la maladie, mais s’il a un conseil à offrir c’est de ne pas crier à l’injustice.

«Le temps est précieux, il vaut mieux le dépenser à faire ce qu’on aime qu’à se demander: “Pourquoi moi?”» dit-il.

Il a puisé sa force en se remémorant ses parents qui sont tous deux décédés de cancers.

«Ma mère a beaucoup souffert. Elle est décédée à 45 ans à une époque où on commençait à entendre parler du cancer du sein. Elle a gardé le sourire malgré le fait que la mort s’en venait», raconte-t-il.

M. Fortin se considère également chanceux dans sa malchance puisqu’il a pu traiter ses cancers à temps.

«Mon rendez-vous annuel chez le médecin, c’est sacré. Ça m’a sauvé la vie de les avoir détectés rapidement. Il ne faut jamais les rater», conclut-il.

Les conseils de Clément Fortin

♦ Ne jamais rater sa visite annuelle chez le médecin

♦ Ne pas laisser la peur envahir l’esprit

«Le diagnostic de maladie provoque un choc, c’est épeurant, mais il ne faut pas perdre son temps à avoir peur, je pense qu’il faut plutôt faire des choses qui nous font sourire »

♦ Pour découvrir le cancer de la peau, il faut observer ses grains de beauté ou toute tache suspecte

«Il ne faut pas hésiter à aller chez le dermatologue dès qu’on voit un changement »

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