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«Un gros problème de sécurité publique»

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Des voix s'élèvent contre la libération d'un présumé meurtrier en raison des délais déraisonnables pour le juger.

«C’est inconcevable qu’une personne accusée de la plus grave infraction selon le Code criminel puisse se retrouver en liberté grâce à la lenteur de notre système de justice, s’est insurgé Simon Jolin-Barrette, porte-parole en matière de justice pour la Coalition avenir Québec.

De son côté, l’ex-députée bloquiste Maria Mourani croit que cette situation mine la crédibilité du système de justice.

«C’est un gros problème de sécurité publique que des individus potentiellement dangereux puissent se retrouver dehors, dit la criminologue. C’est un rappel que le système de justice ne traite pas les dossiers dans des délais raisonnables.»

Pensée aux victimes

Selon la directrice générale de la Fédération des maisons d’hébergement pour femme, l’arrêt Jordan, qui limite les trop longs délais de la justice, envoie un mauvais message à la population.

«Je trouve ça désolant. C’est comme si on ne tenait pas compte de la gravité des gestes, a souligné Manon Monastesse. Le système de justice et l’État n’envoient pas un message clair que la violence, c’est criminel et que c’est tolérance zéro.

«Ça envoie aussi un message négatif aux victimes, a-t-elle poursuivi. C’est déjà extrêmement difficile pour elles de dénoncer et de porter plainte, ça donne l’impression que ça ne vaut pas la peine de parler, car il n’y a pas de conséquence pour les auteurs des violences.»

La porte-parole de l'opposition officielle en matière de justice, Véronique Hivon, a réclamé jeudi soir le recours à la clause dérogatoire pour suspendre l'application de l'arrêt Jordan. «L'heure est très grave. Ce n'est pas vrai que les victimes doivent être abandonnées par le système de justice [...] C'est extrêmement troublant», a-t-elle dit.

Des actions

Afin de réduire les délais des procédures judiciaires, la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a déposé en décembre dernier un projet de loi pour hausser à cinq le nombre de juges à la Cour supérieure du Québec.

M. Jolin-Barrette somme maintenant la ministre d’agir rapidement pour qu’une situation du genre ne se répète plus.

«Ça presse», a lancé le caquiste.