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[PHOTOS] Autre vague d’amour pour une «grande dame» ­

Des centaines de Montréalais ont rendu un dernier hommage à la comédienne dimanche à l’hôtel de ville

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Montréal a salué dimanche l’une des plus célèbres habituées de ses salles de théâtre et de ses restaurants, la comédienne Janine Sutto, qui était exposée en chapelle ardente à l’hôtel de ville un peu plus d’une semaine après sa mort.

«C’était une vraie Montréalaise, qui était toutes les semaines dans les théâtres pour voir de nouvelles pièces et qui sortait au restaurant [...] Elle profitait d’une vie culturelle à laquelle elle a grandement contribué», confie son gendre Jean-François Lépine, qui recevait dimanche les condoléances avec son épouse Mireille Deyglun et leurs deux enfants.

Janine Sutto s’est éteinte le 28 mars dernier à l’âge de 95 ans, entourée des siens aux soins palliatifs.

Sa longue carrière de 70 ans au théâtre, au cinéma et à la télévision a touché le cœur de plusieurs Montréalais qui ont tenu à se recueillir devant son cercueil.

Mlle L’Espérance

«Elle a fait rire beaucoup de monde et rejoint toutes les classes [de la société]», se souvient Danièle Lacroix à propos de celle que plus d’un visiteur surnommait la «grande dame», dimanche.

Mais pour d’autres, comme Ginette Favreau, Janine Sutto restera toujours la «Mlle L’Espérance» qu’elle a incarnée pendant les 269 épisodes du téléroman Symphorien dans les années 1970.

Des acteurs qui ont foulé les planches de théâtre avec elle ont aussi visité le hall d’honneur, comme Donald Pilon, Marie-Chantal Perron et Guylaine Tremblay, pour qui ce fut «un privilège» d’avoir pu la compter parmi ses amis.

«Elle était vraie, authentique et aimante. Elle disait toujours “cher”», ajoute quant à lui l’animateur Josélito Michaud, qui a souvent interviewé la comédienne.

Aucun préjugé

Attaché de presse au Théâtre du Nouveau Monde, où Mme Sutto manquait rarement une première, Louis Mauffette se souviendra toujours d’une femme «incroyable et invincible» qui, surtout, n’avait aucun préjugé.

«Elle venait voir les pièces chez nous, mais aussi à l’Usine C. Elle aimait le théâtre expérimental comme celui de variétés, puis elle a joué dans Symphorien à Télé-Métropole et Poivre et sel à Radio-Canada», souligne-t-il.

► Les funérailles de Janine Sutto ont lieu dimanche après-midi à 14 h, à l’église Saint-Germain d’Outremont.

Un verre de champagne

Photo hugo duchaine

S’il y a une chose que Janine Sutto aimait par-dessus tout, c’était de déguster un verre de champagne après une pièce de théâtre, confie son ex-gérante, Camille Goodwin.

Elle se souvient que «l’infatigable» comédienne aimait sortir, manger et prendre un verre après une pièce. «À Paris, quand elle a fait les Belles-Sœurs [de Michel Tremblay], tout le monde était fatigué après la représentation, puis elle s’étonnait: “Mais personne ne va manger?”» rigole-t-elle.

De son côté, Louis Mauffette du Théâtre du Nouveau Monde savait qu’il ne devait pas lui appeler un taxi tout de suite après une pièce. «Elle se fâchait et me disait: “Non, non, je veux manger et prendre mon verre de champagne”», ajoute-t-il.

Elle lui a donné confiance

Photo hugo duchaine

Pour Manon Lagarde, le plus cadeau que lui a fait Janine Sutto est de lui avoir donné confiance en elle grâce à ses conseils et ses cours de théâtre.

La Montréalaise de 57 ans a côtoyé Mme Sutto et sa fille, Catherine Deyglun — qui était trisomique et qui est aujourd'hui décédée — lors de cours de théâtre donnés aux personnes trisomiques.

«Je leur dois beaucoup», confie-t-elle en étouffant ses sanglots.

La comédienne et elle avaient tissé un tel lien d’amitié qu’il lui arrivait souvent de l’appeler pour lui raconter ses problèmes et qu’elle lui remonte le moral.

«C’est extraordinaire tout ce qu’elle a fait dans sa vie», dit-elle.

« Un feu l’habitait »

Photo agence qmi, joël Lemay

La comédienne Guylaine Tremblay, qui a joué pour la première fois avec Janine Sutto dans sa vingtaine, se souviendra toujours du «feu qui l’habitait».

«Elle avait la passion du métier, celle qu’il faut avoir», lance l’actrice d’Unité 9, encore émue par la perte d’une amie.

«C’est un grand départ. Même enfant, j’avais l’impression qu’elle faisait partie de ma famille, comme tous les Québécois qui la regardaient à la télévision», poursuit Mme Tremblay.