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De la poutine au bout du monde

Deux Montréalais ont tout quitté pour acheter un restaurant québécois en Thaïlande

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Photo courtoisie Pierre Lalumière et Marie-Claude Dubois filent le parfait bonheur avec leur nouvel achat.

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Un couple montréalais ne regrette pas d’avoir tout laissé derrière lui pour s’acheter un restaurant de poutine en Thaïlande.

«On voulait être plus aventureux que de travailler devant un ordinateur pour le restant de nos jours, souligne Pierre Lalumière. Je veux passer les 20 prochaines années de ma vie à l’aventure et faire autre chose que du 9 à 5 en attendant ma retraite.»

Pierre Lalumière, 54 ans et ex-directeur du réseau Hôtellerie Champêtre, et sa conjointe, Marie-Claude Dubois, 26 ans, qui travaillait dans la gestion d’événements, ont quitté leur emploi en septembre pour partir vers l’inconnu. Ils ont acheté en mars le Crave Restaurant and Lounge, situé sur l’île de Koh Phangan, en Thaïlande.

Ce restaurant a fait les manchettes en août dernier en raison de sa vente insolite par deux sœurs québécoises. Elles avaient lancé une loterie à 75 $ où chaque billet donnait la chance de gagner le restaurant.

Le projet avait toutefois avorté quatre jours après son lancement car, selon la loi thaïlandaise, la loterie n’est légale que si un organisme à but non lucratif est impliqué.

La vente du restaurant s’est finalement effectuée de façon plus classique. M. Lalumière parle d’un montant «dans les cinq chiffres».

Rythme effréné

Aujourd’hui, même si leurs journées de travail sont plus longues et plus exigeantes qu’elles l’étaient au Québec, ils ne regrettent en rien leur décision.

«On se lève habituellement vers 8 h et on prend le temps de relaxer et de déjeuner avec un bon smoothie maison, raconte M. Lalumière. On part ensuite faire l'épicerie pour le resto avec notre scooter.»

Vers 13 h, le couple livre la nourriture au restaurant, qui est à 1,5 km de leur bungalow. Avant qu’un des deux aille préparer l’ouverture des portes, vers 16 h, le couple prend chaque jour une heure de repos sur la plage devant son domicile.

«L’autre viendra le rejoindre vers 19 h. La cuisine ferme à 23 h.»

Changements à prévoir

Satisfait de son premier mois d’exploitation, le nouveau propriétaire apporte toutefois quelques changements au restaurant.

«Tous les employés sont encore là, mais notre chef américain a été remplacé par un chef québécois, Alex Goyer, qui travaillait au Richmond, dans Griffintown», indique M. Lalumière.

«Le restaurant compte 60 places en ce moment, mais il y a un jardin à l’arrière qui n’est pas exploité, a-t-il ajouté. On veut faire une terrasse pour aller chercher 20 places supplémentaires pour la haute saison.»

Malgré tout, pas question de retomber dans la routine. «On va possiblement vendre le restaurant dans cinq ans et aller s’établir ailleurs pendant un autre cinq ans, et ainsi de suite», conclut M. Lalumière.

Leur loterie échoue, mais pas la vente

Les sœurs Valérie (gauche) et Isabelle (droite) Paquin avaient créé un buzz avec leur loterie pour vendre leur restaurant.
Photo courtoisie
Les sœurs Valérie (gauche) et Isabelle (droite) Paquin avaient créé un buzz avec leur loterie pour vendre leur restaurant.

En organisant une loterie pour vendre leur restaurant, les sœurs Paquin ne s’attendaient pas à recevoir plus de 1000 messages de gens intéressés à participer.

«On ne pensait jamais que ça allait prendre une telle proportion», indique Valérie Paquin.

Après l’annulation du concours, une vingtaine de personnes, dont Pierre Lalumière, ont contacté les filles pour signifier leur intérêt à aller de l’avant avec l’achat du restaurant.

Quelques entrevues plus tard, les frangines de Val-d’Or ont dressé une liste de quatre acheteurs sérieux. «On ne voulait pas vendre en ligne, alors on leur a dit qu’ils devaient se déplacer en Thaïlande s’ils voulaient poursuivre la transaction.»

Deux couples québécois se sont donc envolés vers l’Asie pour rencontrer les Paquin. Le 10 janvier, M. Lalumière et sa conjointe recevaient les clés du restaurant Crave. «Ç’a été un choix facile, car on les sentait plus prêts que les autres, raconte Valérie Paquin. Ils avaient déjà tout laissé derrière eux pour ce genre de projet.»

Candidats idéals

Le couple a pris officiellement possession du restaurant le 1er mars. L’achat comprenait l’établissement, tout l’équipement et les contrats de location du terrain et du bâtiment.

«On est très contentes que le restaurant reste entre les mains de Québécois, souligne Valérie Paquin. Ce sont des gens très sympathiques et ils travaillent très bien. Plusieurs de mes anciens clients ne m’ont fait que de bons commentaires à leur égard.»

«Les filles ont été d’un soutien incroyable et elles le sont encore, dit M. Lalumière. C’est une belle collaboration québécoise.»

Pour sa part, Valérie Paquin prévoit louer les petites maisons sur un terrain qu’elle a acquis à Koh Phangan.

«Il y a un gros problème d’animaux errants; il manque de refuges. Ça se peut que je m’implique là-dedans», dit-elle.

De son côté, sa sœur aînée, Isabelle, veut s’impliquer dans une chaîne de café écologique qui appartient à une de leurs amies en Thaïlande.