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«Je suis là pour aider»

Pierre Lavoie répond aux critiques sur son implication dans deux projets en éducation

«Je suis là pour aider»
Photo JEAN-FRANCOIS DESGAGNÉS

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Le Québec a annoncé cette semaine l’investissement de 64 millions $ sur trois ans afin d’inciter les jeunes de 6 à 17 ans à bouger au moins 60 minutes par jour. La Politique de l’activité physique, du sport et du loisir a fait réagir puisque le ministère de l’Éducation se tourne de nouveau vers Pierre Lavoie pour atteindre son objectif. Il s’agit d’un second mandat en moins d’un mois financé par l’État pour un projet de l’athlète, après le lancement du Lab-école pour penser les écoles du futur. Le Journal s’est entretenu avec celui qui a été sous le feu des projecteurs dans les derniers jours.

M. Lavoie, le gouvernement vous a approché afin d’atteindre sa cible d’augmenter de 20 % la proportion de jeunes faisant au moins une heure d’activité physique par jour. Quel est votre plan de match pour y arriver?

«On a développé le programme Force 4. Si tu réussis à bouger l’équivalent de quatre cubes énergie par jour, tu vas atteindre la Force 4. Les jeunes, ça leur parle et ce n’est pas trop contraignant pour les parents. Ça peut tout se faire à l’école. Les établissements vont trouver des façons originales. Il y a deux récréations. On va faire une diffusion web tous les jours, alors il restera un autre 15 minutes à trouver durant la journée scolaire. [...] Les établissements qui lèvent la main, on leur donne du budget pour libérer des ressources, faire des activités parascolaires, acheter de l’équipement, c’est du jamais vu.»

«Je suis là pour aider»
Photo JEAN-FRANCOIS DESGAGNÉS

Le ministre de l’Éducation vous confie deux gros mandats en peu de temps avec le Lab-école et Force 4. Cela a fait couler beaucoup d’encre. Comment défendez-vous le choix du gouvernement?

«Tout ce qu’on a fait, c’est de convaincre le gouvernement d’investir massivement pour faire bouger les jeunes. Quand le Lab-école est sorti, on a expliqué ce qu’on voulait faire, rassuré les gens. Quand la politique est sortie, moi ça ne faisait pas mon affaire que le gouvernement fasse ça une semaine plus tard. Je trouvais qu’on avait trop de tribunes en peu de temps. C’est normal d’avoir des critiques. Au final, on n’a pas grand-chose: 2 millions $ pour faire bouger 450 écoles primaires une heure par jour. Un enfant qui va souffrir de diabète de type 2 à 12 ans va coûter pas mal plus cher que ça.»

Tout de même, n’avez-vous pas une forme de mainmise dans le secteur de l’éducation?

«Ce sont tous des programmes OSBL qu’on amène dans les écoles. Pourquoi ils sont acceptés? Parce qu’ils sont clé en main. Ça ne leur coûte rien. Quand on transporte des jeunes de Blanc-Sablon au Stade olympique, on envoie trois avions, ça coûte 125 000 $ et c’est nous qui payons. Pas les écoles. Ça a pris du temps avant que l’on croit en nous, c’est la première fois en dix ans qu’on nous finance deux projets gouvernementaux. Ce n’est jamais arrivé.»

On aurait pu se tourner vers les intervenants déjà en place dans le secteur de l’éducation pour faire bouger les jeunes?

«Il y a un message que j’aimerais lancer. Arrêtons de cloisonner les écoles à l’intérieur. Le monde a besoin d’aide et quand on me dit qu’on est capable de trouver des solutions nous-mêmes, oui, peut-être, mais ça ne vous tenterait pas de vous faire aider par votre voisin, l’entreprise à côté? Tout est arrivé en même temps et on avait juste l’impression que Pierre Lavoie s’occupait de l’éducation au Québec, mais ce n’est pas vrai. Je vous avoue que je suis un peu mal à l’aise. Le momentum n’était pas là, mais j’ai toujours la même conviction. Je ne suis pas là pour être contraignant, mais pour aider, et on va travailler fort.»