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Pas de guerre ouverte au Bloc

Le bras droit de la chef Martine Ouellet ne s’en fait pas outre mesure avec la dissension chez ses pairs

Xavier Barsalou-Duval
Photo Dominique La Haye Le chef parlementaire du Bloc québécois Xavier Barsalou-Duval dans les couloirs du parlement, à Ottawa

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Si la nomination de Xavier Barsalou-Duval à titre de chef parlementaire pour pallier l’absence de Martine Ouellet à Ottawa a créé des remous au sein du caucus bloquiste cette semaine, le principal intéressé rétorque qu’aucun député n’a osé contester ouvertement son leadership.

Le Journal revient sur la semaine mouvementée qu’a vécue le jeune député qui, élu pour la première fois en 2015, a été promu à 28 ans bras droit de la nouvelle chef de la formation politique.

Que répondez-vous à toute cette dissension dont vous faites l’objet au sein du caucus ?

Je n’ai pas senti de dissension de façon personnelle. J’ai été interpellé à quelques reprises là-dessus, mais il n’y a personne dans le caucus qui est venu me voir en me disant qu’il remettait en question mon leadership ou qui m’a passé des commentaires particuliers. Pour l’instant, la dynamique de travail va très bien et j’aime beaucoup travailler avec les membres du caucus du Bloc québécois.

Cette dissension concerne les dépenses de votre ancien adjoint, Louis-Philippe Dubois, qui est maintenant chef de cabinet de Mme Ouellet. Que répondez-vous à cela ? (NDLR : Le Devoir rapportait qu’il a dû rembourser une partie de ses frais de téléphone aux Communes en raison de son engagement partisan dans la campagne à la chefferie, si bien qu’une majorité de députés hésitent maintenant à confier à M. Barsalou-Duval une partie de leur budget servant à rémunérer du personnel bloquiste à Ottawa.)

À ce sujet, on a toujours respecté les ­règles d’éthique et d’intégrité. On a fait toutes les confirmations qui devaient être faites au préalable avec la Chambre des communes, chaque fois qu’il y a eu des actions qui ont été posées. Donc, il n’y a pas eu de problème, et c’est pour ça qu’il n’y a pas eu de suite non plus.

Comment allez-vous faire, sinon, pour partager les ressources entre le personnel de Mme Ouellet et le personnel à Ottawa ?

Chaque enveloppe est très séparée et chaque rôle aussi est très défini. Donc, il n’y a pas de problème au niveau de la division des tâches. On a présentement des discussions sur comment est-ce qu’on va gérer notre budget de coordination au caucus.

Comment s’effectue la transition avec Mme Ouellet ?

Écoutez, ça fait deux semaines qu’elle est arrivée, alors c’est sûr qu’il reste des boulons à visser, des petits ajustements à faire.

Comment avez-vous réagi lorsque Mme Ouellet vous a annoncé votre nomination de chef parlementaire ? À 28 ans, c’est quand même une ascension rapide.

Ça ne faisait pas partie de mon plan de carrière (rires). Ça ne faisait pas plus partie de mon plan de carrière de devenir député au moment où je me suis impliqué en politique. Mon but était de travailler pour l’indépendance. Mais oui, ­je suis très fier que Mme Ouellet m’ait confié ces responsabilités-là. À 28 ans, il y en a qui pourraient dire que c’est jeune, mais, en même temps, Mario

Dumont était chef de l’ADQ à 24 ans, Pierre Bourgault était chef du RIN à 30 ans, Robert Bourassa était premier ministre du Québec à 36 ans, et on a même des ministres dans la Chambre qui sont dans la vingtaine. Donc, je pense qu’il n’y a pas d’âge nécessairement pour occuper des fonctions.

Mme Ouellet justifie l’existence du Bloc par le fait que «la meilleure place pour préparer l’indépendance est à Ottawa». Pour d’autres, c’est la preuve que le parti n’a plus sa raison d’être.

Je pense que le Bloc a toujours joué ce rôle-là et, présentement, on veut faire en sorte qu’il le joue encore plus. C’est important, surtout dans une période où on dirait que le message passe un petit peu moins bien qu’il ne passait dans le passé. C’est moins un enjeu d’actualité, alors je pense que c’est bien d’en parler plus pour que ça revienne dans cette actualité-là et que les gens se questionnent encore plus là-dessus.

Vous faites partie de la garde plus pressée vers l’indépendance, alors que le chef péquiste Jean-François Lisée ne promet pas de référendum avant 2022.

Il n’y a rien qui empêche qu’avec le temps, le discours de M. Lisée évolue de son côté. Notre travail n’est pas d’être en porte-à-faux avec M. Lisée, mais c’est de faire notre travail à Ottawa.