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La pègre libanaise alimentait les Hells Angels et la mafia

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Des trafiquants liés à la pègre libanaise et aux Hells Angels viennent de se faire couper les ailes après avoir perdu une cargaison de 132 kg de cocaïne aux États-Unis, où un de leurs pilotes a dû poser son avion d’urgence.

Les policiers de la section antigang du SPVM ont démantelé cette organisation criminelle basée à Montréal et à Laval, jeudi dernier, en procédant à 11 arrestations dans le cadre du projet Affliction.

Ce clan, qui fournissait une partie de la cocaïne vendue par les Hells Angels et la mafia italienne dans la grande région de Montréal, assumait le risque de faire acheminer la drogue au Québec par la voie des airs.

«Des documents saisis durant l’enquête nous permettent de croire que l’organisation utilisait des pilotes d’avion privés pour s’approvisionner en République dominicaine», a indiqué au Journal le commandant Nicodemo Milano.

3 millions $ par mois

Le responsable de la division du crime organisé au SPVM a confirmé des liens entre cette organisation et les deux Mirabe­lois qui sont détenus en Ohio depuis que le bimoteur, à bord duquel ils rapportaient 132 kg de cocaïne, a dû atterrir d’urgence en raison d’ennuis mécaniques, le 29 mars dernier.

David Ayotte – qui a été arrêté par les autorités américaines en compagnie du pilote Sylvain Desjardins – «était ciblé dans notre enquête et a été observé à plusieurs reprises par nos policiers durant leurs opérations de surveillance», selon le commandant Milano.

Le SPVM a saisi 35 kg de cocaïne durant ces 10 mois d’enquête, et 42 armes à feu. Parmi celles-ci, on compte deux armes de poing munies de silencieux et quatre autres équipées de chargeurs de haute capacité, soit un attirail sur mesu­re pour les règlements de compte.

Le clan faisait des affaires d’or, écoulant en moyenne deux kilos de cocaïne par jour et récoltant des recettes mensuelles de trois millions $.

«On parle de joueurs majeurs dans ce milieu», a insisté le commandant Milano.

Stratégie «anti-Jordan»

Ce coup de filet montre aussi que la Couronne et les policiers tentent de s’adapter aux délais judiciaires réduits par l’arrêt Jordan de la Cour suprême – soit un maximum de 18 mois pour juger un accusé en Cour provinciale, et de 30 mois en Cour supérieure. Au moins trois présumées têtes dirigeantes du réseau et associées à la pègre libanaise ont été relâchées sans avoir été inculpées.

Selon nos informations, la poursuite attendra que l’enquête soit terminée et que son dossier soit bien ficelé avant de déposer des accusations criminelles contre ces résidents de la région.

On souhaite ainsi éviter que ces suspects puissent éventuellement invoquer des délais déraisonnables pour tenter de s’en tirer, s’ils n’ont pas été jugés aux échéances prévues.