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La jeune Malala reçoit la citoyenneté honoraire canadienne

La jeune Malala reçoit la citoyenneté honoraire canadienne
Photo Dominique La Haye

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Après avoir remporté le prix Nobel de la paix en 2014 pour sa résistance aux talibans, la jeune Pakistanaise Malala Yousafzai a reçu mercredi au Parlement la citoyenneté canadienne honoraire.

Celle qui a fait du droit à l’éducation son principal cheval de bataille, après avoir survécu à une balle tirée par les talibans, s’adressera aussi aux parlementaires lors d’une allocution à la Chambre des communes.

La cérémonie de citoyenneté canadienne honoraire a eu lieu peu avant midi à la Bibliothèque du Parlement en présence du premier ministre Justin Trudeau.

Ce n’est pas la première fois que le Canada cherche à décorer la jeune militante de 19 ans. Une cérémonie à cette fin devait aussi avoir lieu sous le gouvernement Harper, mais elle avait dû être annulée en raison de l’attaque survenue au Parlement le même jour, soit le 22 octobre 2014.

Il s’agit donc d’une activité non partisane que saluent tant le gouvernement libéral que les partis d’opposition.

Le premier ministre a affirmé qu’il s’agissait d’une «occasion historique» et «d’un énorme privilège» de décerner cette citoyenneté canadienne à titre honorifique à Malala.

«Votre vie nous inspire. La violence à laquelle vous avez survécu aux mains des talibans ne vous a pas découragée alors qu’elle aurait découragé la majorité des gens. Plutôt, vous êtes devenue encore plus forte face à l’oppression», a soutenu M. Trudeau lors de la cérémonie.

La jeune femme s’est dite «honorée» de recevoir cette citoyenneté honoraire canadienne, disant qu’elle était aussi une «amie du Canada».

Elle a provoqué des rires dans la salle en affirmant que tout le monde était emballé à l’idée de savoir qu’elle rencontrerait M. Trudeau. «Oui, je lui ai serré la main, je l’ai fait, j’ai rencontré Trudeau. C’est finalement fait», a-t-elle lancé.

Elle a souligné le fait que le premier ministre était un féministe et qu’il se tenait debout pour les réfugiés et les femmes «à un moment où le monde est sans espoir».

«Il est un véritable exemple et je suis certaines que les autres leaders mondiaux vont apprendre de lui», a-t-elle ajouté.

Elle est la sixième personne à recevoir la citoyenneté honoraire canadienne, après Raoul Wallenberg, Nelson Mandela, le Dalai Lama, Aung San Suu Kyi et l'Aga Khan.

Elle est aussi la plus jeune à prononcer un discours au parlement et la sixième femme à le faire.

La ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau, a qualifié mardi la jeune Malala «d’icône» et a souligné son courage.

«C’est notre meilleure ambassadrice pour l’éducation des filles. Alors c’est vraiment un honneur de la recevoir (...), de lui offrir cette citoyenneté honorifique, de pouvoir souligner tout ce travail qu’elle fait personnellement et que son père fait aussi pour l’éducation des filles partout à travers le monde», a-t-elle fait valoir.

Le député conservateur Tony Clement a aussi qualifié la future Canadienne honoraire de «symbole d’humanité». «Bien sûr, (elle est) un symbole pour les femmes, mais pour toute l’humanité d’avoir un monde qui est plus juste, plus équitable», a-t-il indiqué.

La députée du NPD, Hélène Laverdière, a aussi souligné le «courage de se lever debout, de défendre ses droits, ses valeurs, sa vision,» en parlant de la jeune femme.

«Au-delà de sa propre histoire, elle est un symbole pour tous ceux et celles qui luttent. Et dans ce cas-ci, je serais portée à ajouter particulièrement celles qui luttent pour un monde plus pacifique et qui fait une place à tous, quel que soit leur genre, l’orientation sexuelle, la race et tout», a déclaré la néo-démocrate.