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Les inquiétudes sur le pot sont nombreuses

Plusieurs groupes s’interrogent à l’aube du projet de loi prévu jeudi

Annie Papageorgiou
Photo Pierre-Paul Poulin La directrice de la Fondation Jean Lapointe, Annie Papageorgiou, veut que le gouvernement Trudeau utilise les recettes de la vente du pot pour financer des programmes de prévention et de sensibilisation à la drogue.

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OTTAWA | Plusieurs experts et groupes ont de vives inquiétudes par rapport à la santé des jeunes et l’implication du crime organisé dans la vente de la drogue à l’aube du dépôt du projet de loi pour légaliser la marijuana au Canada jeudi.

Déjà, certains détails par rapport au projet de loi coulés dans les médias ont fait bondir de nombreux intervenants, notamment l’âge minimum fixé à 18 ans et le fait que les Canadiens pourraient cultiver jusqu’à quatre plantes de pot chez eux.

L’Association canadienne des chefs de police (ACCP) s’oppose fermement à l’idée de laisser les Canadiens produire leur propre marijuana à domicile. Selon eux, les services de police n’ont pas les ressources pour contrôler cette culture et l’empêcher d’être «détournée vers le marché noir».

«La culture personnelle va à l’encontre de l’objectif déclaré par le gouvernement fédéral, de créer un système hautement règlementé et contrôlé», avait indiqué l’Association dans une prise de position en février.

Soulignons que mercredi, Radio-Canada révélait que la GRC avait indiqué en 2013 qu’il «ne manque pas de groupes criminels qui ont présenté une demande [à Santé Canada] pour produire de la marijuana médicinale».

Pour sa part, la professeure en criminologie à l’Université d’Ottawa, Line Beauchesne, croit que le vrai défi viendra lorsque les provinces auront à déterminer à quel point ils vont taxer le pot.

«C’est entièrement aux provinces de décider combien de taxes ils voudront imposer. Le prix va beaucoup changer l’efficacité de la légalisation pour enlever le pot du marché noir», a analysé Mme Beauchesne.

Prévention envers les jeunes

Celle-ci espère donc que le gouvernement oblige les provinces à dédier tous les montants recueillis par la vente du pot à la sensibilisation et la réglementation de la drogue.

Une proposition entièrement appuyée par la directrice de la Fondation Jean Lapointe qui lutte contre la toxicomanie, Annie Papageorgiou, qui craint que la légalisation de cette drogue la banalise davantage aux yeux des jeunes.

«Le coût social de la drogue est de 4,7 G$ par année au Québec. Il faut que les jeunes connaissent les risques et les effets de la marijuana sur leur santé avant d’y être exposés. Il faut absolument que le gouvernement investisse dans les programmes de prévention d’abord et avant tout», a plaidé Mme Papageorgiou.

Santé Mentale

Même l’Association des psychiatres du Canada craint qu’une loi fédérale qui permet de consommer de la marijuana avant l’âge de 25 ans puisse avoir des impacts importants sur la santé mentale des jeunes canadiens.

Ceux-ci recommandent donc que la consommation de pot soit illégale avant l’âge de 21 ans.

 

Des pays qui ont déjà légalisé la marijuana

  • Espagne
  • Afrique du Sud
  • Uruguay
  • Inde (certaines provinces)
  • États-Unis (certains États)