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Un présumé meurtrier piégé par un faux emploi

Des policiers ont inventé un scénario pour faire avouer à Réal Savoie l'assassinat de Sonia Raymond

Sonia Raymond a été tuée en 1996 à Maria, en Gaspésie.
PHOTO D'ARCHIVES Sonia Raymond a été tuée en 1996 à Maria, en Gaspésie.

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NEW CARLISLE | Un présumé meurtrier a été piégé par des agents doubles qui l’ont engagé comme livreur avant de l’emmener à joindre le monde interlope.

Réal Savoie est accusé d’avoir agressé sexuellement et tué Sonia Raymond en 1996 à Maria, en Gaspésie. Dès le départ, les policiers l’ont suspecté, mais ils n’avaient pas assez de preuves pour l’accuser.

Mais il y a quatre ans, les policiers ont lancé une opération de type Mister Big, qui consiste à inventer un scénario menant le suspect à avouer son crime.

C’est ainsi qu’en octobre 2013, les agents doubles sont entrés tranquillement dans la vie de Savoie, a expliqué mercredi lors du procès l’agent couvreur, qui a inventé le scénario et dont l’identité est protégée.

«Dans certains scénarios, spécifiquement, j'ai demandé d'être sexiste et de menacer des femmes. C'est du théâtre... on veut gagner la confiance», a dit le témoin.

Livreur

Derrière des paravents installés pour le cacher du public et des journalistes, l'agent couvreur a expliqué comment il a créé une compagnie fictive pour offrir une opportunité d'emploi à Savoie qui vivait alors de l’aide sociale.

Un premier agent infiltré, dit «agent B», l’embauche pour faire de la livraison de colis. On l’équipe d'un cellulaire et d’équipements de travail dont des bons de commande, «puisqu’il fallait que ce soit crédible», a précisé l’agent couvreur.

Savoie a reçu aussi une avance de 300 $ pour ses dépenses et il a été convenu qu’il allait être payé comptant. «Comme ça, il pouvait continuer de toucher son chèque», a ajouté le témoin.

Pour chacune de ses deux premières livraisons, Savoie reçoit 150 $ et toutes ses dépenses sont prises en charge.

L’agent B sera invité par son agent couvreur à passer de plus en plus de temps avec Savoie pour gagner sa confiance. «Je voulais qu’il passe du temps avec lui pour l’apprivoiser», dit l’agent couvreur à la cour.

En novembre 2013, un deuxième agent entre dans la vie de Savoie.

«Tranquillement, je veux lui offrir de faire de la criminalité. (...) Il a vu les chandails contrefaits du Canadien la veille et il est revenu le lendemain, ça me permettait alors de penser que je pouvais continuer dans cette direction», a conclu l’agent couvreur dont le témoignage se poursuivra jeudi.