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Avancer vers l’arrière?

Avancer vers l’arrière?
photo d’archives ben pelosse

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Mercredi, Québec solidaire a forcé la tenue d’un débat à l’Assemblée nationale sur son idée d’abolir le financement public des écoles privées.

C’est une marotte de la gauche québécoise depuis quelques décennies.

Quoi, vous pensiez que Gabriel Nadeau-Dubois allait rafraîchir la pensée de QS autant que son look? Franchement...

À gauche, blâmer le secteur privé pour les maux du secteur public est aussi rituel et prévisible que la droite qui blâme les syndicats et les fonctionnaires pour tout et rien.

Piège

Évidemment, la manœuvre parlementaire de QS n’avait qu’un but: embêter le PQ.

Si le PQ s’opposait tout d’un coup au financement public de l’école privée, il enragerait des dizaines de milliers de parents qui y envoient leurs enfants et votent pour lui.

Si le PQ ne s’y oppose pas, QS en fera un motif supplémentaire pour traiter le PQ de tous les noms et repousser ses avances.

Je redis que le PQ a autant besoin de coucher avec QS que d’une rafale de mitraillette dans les deux pieds.

Et je re-redis qu’abolir le financement public de l’école privée est une mauvaise idée.

Cette pseudo-logique repose sur l’illusion que les sommes ainsi épargnées permettraient la remise en forme de l’école publique.

Non, désolé. Si seulement c’était si simple.

Plus d’argent dans le réseau public aiderait certes, mais celui-ci a d’innombrables problèmes qui ne sont pas reliés à l’argent: uniformité, centralisation, bureaucratisation, déconnexion ministérielle, idéologies fumeuses, etc.

Si vous tenez absolument à y mettre plus d’argent, regardez les sommes englouties dans les hausses de rémunération aux médecins et dans Bombardier.

Précisément parce qu’elle est subventionnée, l’école privée au Québec reste abordable pour des gens de condition relativement modeste qui préfèrent mettre quelques milliers de dollars par année dans l’éducation de leurs enfants plutôt que dans un gros 4 x 4.

Les parents qui envoient leur enfant à l’école privée paient d’ailleurs deux fois puisque leurs impôts financent aussi le réseau public.

Si le financement public de l’école privée était aboli, les frais d’inscription y exploseraient.

Forcément, les clientèles diminueraient, ce qui est justement le but visé par les partisans de l’abolition.

Des tas d’écoles privées fermeraient leurs portes. Des milliers d’élèves réintégreraient le réseau public.

Vous pensez que ce retour serait une opération à coût nul? Il faudrait de nouvelles constructions, embaucher plus d’enseignants, etc.

Vous croyez vraiment que cela nous reviendrait collectivement moins cher? Non.

Choix

Pire, les frais d’inscription dans les écoles privées restantes ne seraient plus qu’à la portée des enfants de riches.

Vous retrouveriez alors ce système éducatif «à deux vitesses» que la gauche déteste, mais la vitesse supérieure serait celle de l’argent de papa et non celle de l’effort et du talent.

Bravo, camarades!

QS et la gauche en général sont si certains d’avoir raison que supprimer la liberté individuelle de faire nos propres choix ne les embarrasse pas un instant.

 

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