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Légalisation de la marijuana: les consommateurs de cannabis aux anges

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Photo Agence QMI, Guillaume St-Pierre Martin Turos préfère s’approvisionner en marijuana dans les commerces, même illégaux, comme le Cannabis Culture à Ottawa.

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OTTAWA | Le projet de loi libéral légalisant le cannabis est accueilli à bras ouverts par des militants et les nombreux clients d’une boutique de pot rencontré à quelques coins de rue du Parlement canadien à Ottawa, jeudi.

«Ce n’est pas trop tôt!» lance Mike Robillard, un client venu acheter quelques grammes de marijuana en costume-cravate au Cannabis Culture.

Depuis son ouverture, ce petit commerce ayant pignon sur rue depuis peu au centre-ville de la capitale fédérale attire chaque jour plusieurs centaines de consommateurs.

À l’intérieur, Lianne Wilson demande à chaque client de prouver qu’il est âgé d’au moins 19 ans à l’aide d’une pièce d’identité valide.

Ces derniers sont ensuite invités à passer dans une autre pièce où des vendeurs munis de gants de plastique proposent une sélection d’herbes aux noms souvent énigmatiques.

Près de la caisse enregistreuse, un volumineux bol à pourboire porte la mention «Aidez-nous à sortir de prison».

Ces boutiques qui défient la loi pullulent actuellement au Canada, et leur popularité ne se dément pas.

«On contrôle la qualité et nous offrons un environnement sécuritaire pour nos clients, qui n’ont pas à aller rencontrer un revendeur louche dans une ruelle», affirme Lianne Wilson.

Réduire le risque

Cet engouement laisse croire que l’influence du crime organisé dans le marché du pot sera grandement diminuée avec la légalisation, selon de nombreux clients croisés au Cannabis Culture. Une volonté affichée du gouvernement Trudeau.

«Acheter son pot dans les boutiques réduit le risque de côtoyer des revendeurs et des gens douteux», soutient Mike Robillard.

Depuis quelque temps, un autre client, Martin Turos, ne jure que par les petits commerces, qui sont selon lui plus «sécuritaires», même s’ils sont illégaux.

«La plupart des revendeurs de drogues dans la rue vendent aussi autre chose, et ils essaient de te convaincre d’en acheter. Mais moi, ça ne m’intéresse pas», explique-t-il.

Le Torontois soutient que de «moins en moins de pot se vend sous le manteau» dans la Ville-Reine, en raison de la présence de plusieurs boutiques vendant cette drogue douce à la vue et aux sus de tous.

«Elles prennent le dessus sur le marché noir», estime-t-il.

Une jeune cliente, Brianne Vaillancourt, préfère elle aussi le Cannabis Culture aux revendeurs traditionnels pour son côté «pratique» et «sécuritaire».

Certaines nouvelles sanctions proposées par Ottawa

  • Distribution ou vente illégale – Jusqu’à 14 ans de prison
  • Possession dépassant la limite de 30 g – Jusqu’à 5 ans de prison 
  • Production de cannabis qui dépasse les 4 plants par maison – Jusqu’à 14 ans de prison
  • Conduite avec 2 à 5 nanogrammes de THC par ml de sang – Jusqu’à 1000 $ d’amende
  • Conduite avec plus de 5 nanogrammes de THC ou combinaison de THC et d’alcool – Minimum de 1000 $ d’amende et jusqu’à dix ans de prison.