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Le pot, c’pas grave

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Si tout se passe comme Justin le veut, le Canada va célébrer son 151e anniversaire gelé comme une balle, un gros nuage de pot flottant au-dessus de la foule à Ottawa lors du spectacle du 1er juillet 2018.

Il ne manquerait plus qu’on nous annonce que le Canada remplacera la feuille d’érable du drapeau par une feuille de mari. Tant qu’à être cool...

La légalisation s’impose. La répression ne fonctionne que pour le crime organisé. Mais cela ne me donne pas le goût de célébrer pour autant.

Au Québec, ce sont des projets de société cul-de-sac comme l’eutha­nasie sur demande et la légalisation d’une drogue loin d’être inoffensive qui font consensus. Qui s’inquiète de l’impact de ces choix sur la société?

J’ai l’impression que «C’pas grave» pourrait remplacer «Je me souviens» comme devise nationale.

Les garçons

Je m’inquiète surtout pour les garçons­­ dont les difficultés scolaires ne sont un secret pour personne, dans une société qui, de surcroît, ne valorise pas assez l’éducation. Ils consomment plus que les filles.

Déjà, combien vont à l’école après avoir fumé un joint le matin? Combien­­ demain, avec la légali­sation? Combien concluront que «légal­­ = permis tout le temps»?

Désolée, mais troquer un brillant avenir d’ingénieur en informatique ou de microbiologiste, par exemple, pour devenir stoner n’est pas l’affaire du siècle.

Je parle en connaissance de cause. Je n’ai pas réalisé mon rêve de devenir­­ médecin à cause de mon penchant pour les paradis artificiels dans les années 1960. J’ai mis du temps à l’admettre.

La drogue – pot, alcool, opioïdes, etc. – n’est qu’un symptôme. La maladie­­ s’appelle la vie, parfois si lourde qu’elle exige que nous mettions­­ parfois­­ le bouton à OFF.

D’accord, mais il vaut mieux garder en tête qu’au moins une personne sur 10 court le risque de trop aimer cela. Pour les 18-25 ans, le risque d’accoutumance grimpe à 16,3 %*.

* US Department of Health, 2014