/finance
Navigation

Les agriculteurs souhaitent profiter de la culture du pot

Ils espèrent obtenir des permis pour faire pousser de la marijuana récréative

Richard Semmelhaack, agriculteur, aimerait profiter quelque peu des retombées économiques de la légalisation du cannabis.
Photo Ben Pelosse Richard Semmelhaack, agriculteur, aimerait profiter quelque peu des retombées économiques de la légalisation du cannabis.

Coup d'oeil sur cet article

Des agriculteurs du Québec espèrent pouvoir remplir leurs coffres grâce à la production de marijuana récréative qui devrait être légalisée en juillet 2018.

«Il y a plusieurs producteurs qui sont intéressés. C’est une production intéressante puisque c’est un nouveau marché qui vient avec une volonté politique et des clients», souligne André Mousseau, président des Producteurs en serre du Québec.

Le gouvernement Trudeau a déposé jeudi son projet de loi sur la légalisation de la marijuana au pays.

Sous le nouveau régime proposé, il y aurait deux types de permis de production: l'un pour la marijuana médicinale, et l’autre pour la récréative. Chacun aura des conditions et des règlements à respecter.

Les producteurs devront se plier à un contrôle strict et à des vérifications régulières de leurs mesures de sécurité.

Argent à faire

Même si tous les détails concernant la production ne sont pas encore connus et que la loi n’a pas encore été adoptée, des agriculteurs souhaitent pouvoir mettre la main sur des permis de production. Ils espèrent ainsi obtenir une part des milliards de dollars en retombées économiques possiblement générées par la légalisation.

C’est le cas de Richard Semmelhaack, éleveur de porc, agneau, veau et boeuf, et producteur de sirop et de céréales biologiques.

«Comme on a une ferme bio, on aime les productions plus marginales. C’est sûr que c’est aussi pour l’argent que l’on pourrait faire, on reste des entrepreneurs», mentionne-t-il.

L’agriculteur de la Montérégie songe à cultiver sa marijuana dans de grands conteneurs, si la loi le permet.

Belle retraite

M. Semmelhaack a même déjà un partenaire potentiel qui serait prêt à transformer et à vendre la marijuana qu’il pourrait cultiver.

Line Binette, qui produit des légumes en serre depuis 35 ans, pense elle aussi pouvoir s’assurer une belle retraite en produisant du cannabis.

L’agricultrice de 58 ans de l’Outaouais voudrait convertir une partie de ses 5000 mètres carrés de serre.

«La production de légumes en serre, c’est de moins en moins payant. Mon entreprise est pas assez grosse, il y a trop de compétition au Mexique ou en Ontario. Faire de la marijuana, ce n’est pas pire que de faire pousser des tomates», estime-t-elle.