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Immigration et violence conjugale

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Le Québec a besoin d’immigrants. Les vagues successives d’immigration judéo-chrétienne au 20e siècle — Italiens, Polonais, Juifs, Portugais, Chiliens, Irlandais, Ukrainiens — n’ont été que bénéfiques.

Je pense aussi à tous ces gens d’Afrique, des Caraïbes, d’Asie qui ont choisi le Québec dans la foulée de la grande séduction que fut Expo 67. Au pire, nous détestions l’odeur des épices qui émanait de leurs logis.

Mais depuis l’an 2000, nous accueil­lons en nombre des gens dont les valeurs fondamentales et la culture s’éloignent des nôtres.

Prenons le cas de Sivaloganathan Thanabalasingham, ce réfugié sri lankais de 31 ans accusé d’avoir égorgé sa femme, Anuka Baskaran, 21 ans. Il s’en sort blanc comme neige, pour l’instant, grâce à l’arrêt Jordan, même s’il avait été condamné trois fois pour violence conjugale.

Il pourrait être déporté au terme d’un appel qui va durer quatre ans.

Autres mœurs

Pas besoin de venir de loin pour battre sa femme ou son conjoint — environ 20 000 pures laines le font chaque année —, mais accueillir des gens provenant de cultures qui tolèrent la violence conjugale nous oblige à revoir comment, et à qui, l’État communique le message qu’ici, battre sa femme (son mari ou son enfant), c’est un crime grave.

(Pour l’instant, ce travail est laissé à de vaillants organismes communautaires qui font ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont.)

Difficile de trouver pire que le Sri Lanka en matière de violence conjugale, qui touche 60 % des femmes. La moitié des adolescentes croient que le mari peut être justifié de battre sa femme. Une étude réalisée chaque année auprès d’étudiants en médecine révèle que la majorité croit qu’un homme qui bat sa femme ne doit pas être puni.

Échec d’intégration

Les insanités débitées par l’accusé, son frère et sa belle-sœur au sujet de la mort de Anuka Baskaran prouvent que, dans leur tête, ces gens-là vivent encore au Sri Lanka, où la violence conjugale est très répandue.

Thanabalasingham a tenté de convaincre le tribunal qu’il était pacifique. «Ce n’est pas tous les jours que je suis violent, c’était à cause d’une personne, toujours la même personne.»

«C’est elle qui a fait une erreur», a dit son frère, ajoutant: «À ma connaissance, mon frère n’a rien fait de mal.» Et la belle-sœur de renchérir: «Sa femme causait toujours des problèmes. Il a été en prison à cause de ça.»

En refusant de libérer Sivaloganathan Thanabalasingham aux soins de sa famille, le commissaire à l’immigration Stéphane Morin a parfaitement décrit l’absurde de la situation: «Leur niveau de compréhension de votre criminalité n’est pas adéquat», ajoutant: «C’est difficile de mettre des mots sur ce qu’il leur manque.»

Autrement dit, ils ne savent pas ce qu’ils ne savent pas.

François Legault et la candidate à la chefferie du Parti conservateur Kelly Leitch proposent d’administrer un test de valeurs aux immigrants. L’Australie, l’Allemagne et la Hollande le font, avec des résultats mitigés. A beau mentir qui vient de loin!

Mais il doit bien y avoir une façon de détecter si un immigrant ou un réfugié croit qu’il n’y a rien de mal à donner 30 coups de couteau à la gorge de sa femme quand elle le mérite sans tomber dans le «racisme systémique».