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Expo 67: le lieu de toutes les découvertes

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L’Expo a été le théâtre d’innombrables manifestations culturelles, sur ses différentes scènes et dans ses différents pavillons. Avec l’aide de l’historien Roger La Roche, Le Journal revient sur quelques moments qui ont marqué les esprits de ceux qui ont eu le privilège d’en être les témoins.

Les Sinners s’éclatent avec Jefferson Airplane et Greateful Dead

Photo d’archives

Les Sinners, l’un des premiers garage band francophones au Québec, se produisaient de ­façon quasi quotidienne au ­Pavillon de la jeunesse durant les premiers mois de l’Expo.

«Les Sinners, pour la période, c’était probablement le groupe le plus couru, a indiqué Roger La Roche. Ils offraient un show, dans le sens où leurs prestations étaient totalement imprévisibles. Si le drummer décidait qu’il était tanné de ses drums, ce soir-là, il les démolissait. Ils lançaient leurs guitares dans la foule... Ils étaient provocateurs, mais ils ont eu de bons succès.»

Le chanteur Charles Prévost Linton, qui était le bassiste du groupe à l’épo­que, se souvient très bien de son été à l’Expo. ­Durant ces quelques mois, il a eu la chance de côtoyer une foule d’artis­tes, dont les formations américaines Grateful Dead, Jefferson­­ Airplane et Big Brother­­ and the Holding Com­pany, le groupe de Janis Joplin.

«Nous avons eu beaucoup de plaisir à côtoyer tous ces ­gens-là. Nous étions des adolescents. C’était un rêve devenu réalité pour nous», a expliqué celui que les plus jeunes connaissent en tant que chanteur des hymnes nationaux du Cana­dien, rôle qu’il a tenu pendant 12 ans, ­jusqu’en 2014.

«Nous, on faisait une première partie ou un set, puis le ­groupe vedette faisait son set. Après, on rembarquait et on jammait ensemble­­, a-t-il ­ajouté. Nous avions une grande liberté. Il n’y avait pas de gardes du corps qui parlaient dans leur manche. C’était le free for all. Vous pouvez­­ vous imaginer que ces gens-là fumaient du pot. Ils n’avaient pas peur de grand-­chose.»

Sgt. Pepper’s en première nord-américaine à l’Expo

Photo d’archives

«À cette époque-là, dès qu’un 45-tours ou un long-jeu des Beatles sortait, tout le monde se ­précipitait pour l’acheter. Là, on savait que le premier long-jeu des Beatles qui avait été créé sous ­acide, Sgt. Pepper’s (Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band), sortait», a souligné Roger La Roche

«Au Pavillon de la jeunesse, il y avait un des producteurs qui connaissait une hôtesse de l’air qui faisait le service Montréal-Londres, a-t-il poursuivi. Il faut rappeler que la distribution n’était pas la même, dans ce temps-là. (...) Le long-jeu sortait à Londres le jeudi et n’arrivait dans les radios que le dimanche. Nous, on pouvait l’acheter à partir du mardi. L’hôtesse, durant sa pause, est donc partie de l’aéroport pour acheter des exemplaires de Sgt. Pepper’s. Elle les a rapportés dans son bagage­­ et, à son arrivée ici, elle a mis le tout dans un taxi qui a amené ça au Pavillon de la jeunesse. Les gens le savaient, puisque ç’avait été annoncé la veille. Vers 14 h, ils ont commencé à faire jouer Sgt. Pepper’s en boucle, et ce, ­jusqu’à 2 h du matin. (...) C’était ­phénoménal.»

La classe de Petula Clark

Photo d’archives

«Petula Clark est venue à l’Expo, mais ce n’était pas pour donner un spectacle. C’était pour la visiter. Ç’avait été un succès monstre. Les photographes la suivaient de pavillon en pavillon. Elle voulait passer incognito, mais tout le ­monde la connaissait», a ­indiqué Roger La Roche.

«Le pire, c’est lorsqu’elle est allée au Pavillon de la ­France. Les gens, là-bas, ­savaient qu’elle s’en venait. Aussitôt qu’elle est entrée, ils lui ont souhaité la bienvenue par les haut-­parleurs de tout le pavillon. C’était ­impossible pour elle de ­passer inaperçue. Il semble, si je me fie aux ­revues de presse de la période, qu’elle avait été super­­ gentille, ­disponible et ouverte avec tout le monde. Quand ils l’ont promenée de pavillon en ­pavillon, après, elle s’arrêtait au bord de la route pour ­saluer les gens. Elle avait la réputation d’être sympathique et elle en a fait la ­démonstration ce jour-là.»

Notons que la chanteuse britannique a également pris part à l’enregistrement d’une émission spéciale du Ed Sullivan Show qui a été tournée en direct de l’Expo en mai 1967.

10 artistes qui se sont produits dans le cadre de l’Expo

  • Mireille Mathieu
  • Marlene Dietrich
  • The Supremes
  • Bing Crosby
  • Harry Belafonte
  • Maurice Chevalier
  • Gilles Vigneault
  • Renée Claude
  • Georges Dor
  • Pauline Julien

Nanette Workman - la révélation

Photo d’archives

C’est une grande histoire d’amour que vit Nanette Workman avec le public québécois depuis plus de 50 ans. Arrivée de New York en mars 1966, à la ­demande de son complice Tony Roman, la ­chanteuse s’est tout de suite sentie la bienvenue dans la Belle Province.

«Quand je suis arrivée, je ne parlais pas français. Déjà, c’était quelque chose, mais on se débrouillait bien puisque notre entourage était bilingue, a-t-elle expliqué en entrevue. C’était très excitant d’être ­témoin de tout ce qui se passait à ce moment-là.»

La chanteuse, qui a été sacrée découverte de l’année au Gala des artistes en 1967, a enregistré un disque dès son arrivée chez nous. Les spectacles se sont rapidement enchaînés, puis il y a eu Fleurs d’amour, fleurs d’amitié, l’émission diffusée à Radio­­-Canada qu’elle a pilotée avec Tony Roman.

«Tony était un bon manager, a-t-elle souligné. Il a su quoi faire. J’ai été reçue chaleureusement par les Québécois, mais moi aussi, je les ai adoptés. Je ne voulais plus retourner aux États-Unis.»

C’est parce que la période de l’Expo a été marquante dans sa carrière que Nanet­te a accepté de se joindre à l’équipe d’Un jour, un jour: Expo 67 – 50 ans, spectacle qui sera présenté au Cabaret du Casino de Montréal à compter du 5 juillet.

«J’ai une réelle connexion avec l’Expo, surtout à cause de Fleurs d’amour, fleurs d’amitié, qui était très populaire, à l’époque, a dit l’artiste. L’année 1967, ça représente mon arrivée au Québec. C’était un choix évident, pour moi.»

En compagnie de quatre autres chanteurs, ­l’artiste interprétera 50 succès qui ont marqué ­l’année 1967, dont Natural Woman (Aretha ­Franklin), All You Need Is Love (The Beatles), C’est ma chanson (Petula Clark) et, bien sûr, Un jour, un jour (Donald Lautrec).

En 1967, tout était beau... On aimait

À la télévision :

  • Les belles histoires des pays d’en haut
  • Moi et l’autre
<i>Moi et l’autre</i>
Photo d’archives
Moi et l’autre

Au cinéma québécois :

  • Entre la mer et l’eau douce
  • Ça n’est pas le temps des romans
  • Il ne faut pas mourir pour ça

Dans la chanson québécoise :

  • La Manic, Georges Dor
  • Donne-moi ta bouche, Pierre Lalonde
  • Guantanamera, Nanette Workman

Au cinéma international :

  • The Graduate
  • Guess Who’s Coming to Dinner
  • Bonnie and Clyde
<i>The graduate</i>
Photo d’archives
The graduate
<i>Bonnie and Clyde</i>
Photo d’archives
Bonnie and Clyde

Dans la chanson anglophone :

  • Somethin’ Stupid, Frank et Nancy Sina­tra
  • All You Need is Love, The Beatles
  • I’m a Believer, The Monkees

Dans la chanson francophone :

  • C’est ma chanson, Petula Clark
  • Inch Allah, Adamo
  • Le téléfon, Nino Ferrer
Pierre Lalonde
Photo d’archives
Pierre Lalonde

12 expos pour célébrer l'expo

Les années 60 à Montréal, du 22 avril au 6 mai, hôtel de ville de Montréal.

  • Les années 60 bouleverseront le ­Québec et particulièrement la métropole. Place Ville-Marie, le métro, l’Expo 67... Découvrez la vie montréalaise de cette époque avec les photos des Archives de Montréal.

Expo 67  – Rêver le ­monde, du 26 avril au 8 octobre, Musée Stewart.

  • Une exposition multimédia et ­immersive inspirée «des innovations technologiques exploitées dans les pavillons» durant l’Expo.

Écho 67, dès le 27 avril, Biosphère.

  • La Biosphère met en lumière l’héritage environnemental et ­patrimonial laissé l’Expo.

Cité Mémoire, Tableau Expo 67, dès le 10 mai, au coin des rues McGill et Saint-Maurice.

  • Un nouveau tableau sur le thème d’Expo 67 s’ajoute à l’œuvre multimédia Cité Mémoire, une création de Michel Lemieux et ­Victor Pilon, en collaboration avec Michel Marc Bouchard.

HABITAT 67 vers l’avenir, du 1er juin au 13 août, Centre de design de l’UQAM.

  • Cette exposition rend hommage au complexe d’habitation ­révolutionnaire réalisé par l’architecte Moshe Safdie.

La Balade pour la Paix, un Musée à ciel ­ouvert, du 5 juin au 29 octobre, rue Sherbrooke entre Bishop et Robert-Bourassa,

  • Une grande exposition d’art public d’envergure internationale, conçue et organisée par le Musée des beaux-arts de Montréal, mettra à l’honneur 67 œuvres véhiculant un message de paix, à l’image des valeurs universelles d’humanisme, de tolérance et d’ouverture qui ont inspiré la réalisation d’Expo 67.

Explosion  – Terre des jeunes, à compter du 16 juin, Centre d’histoire de Montréal.

  • Cette exposition proposera aux visiteurs de découvrir l’Expo ­telle qu’elle a été vécue par les jeunes de l’époque.

Révolution: You say you want a revolution, du 17 juin au 9 octobre, Musée des beaux-arts de Montréal.

  • Une exposition immersive qui retrace les idéaux de la fin des ­années 1960 exprimés dans la musique, le cinéma, la mode, le ­design et le militantisme.

Terre d’expériences, dès le 21 juin, parc Jean-Drapeau.

  • Le parc Jean-Drapeau invite les gens à visiter Expo 67 grâce aux technologies de la réalité virtuelle et de la réalité augmentée.

À la recherche d’Expo 67, du 21 juin au 8 octobre, ­Musée d’art contemporain de Montréal.

  • Présentation de nouvelles œuvres d’artistes québécois et ­canadiens inspirées de l’Expo 67.

Mode Expo 67, jusqu’au 1er octobre, Musée McCord.

  • Plus de 60 costumes, dont des uniformes d’hôtesses de ­différents pavillons, composent cette ­exposition qui évoque «l’ambiance bouillonnante de ce moment de la mode à ­Montréal».

Expo 67 Live, du 18 au 30 septembre, Esplanade de la Place des Arts.

  • Une immersion cinématographique sur une douzaine d’écrans au cœur de l’événement qui a propulsé Montréal sur la scène internationale.