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Arrêt Jordan: il faut agir

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Les effets pervers de l’arrêt Jordan se font de plus en plus sentir. Quand ce ne sont pas de présumés meurtriers comme Sivaloganathan Thanabalasingham­­, ce sont des présumés violeurs pédophiles comme Michel «l’ange Daniel» Mercier qui bénéficient d’arrêts des procédures.

Politique

Sur le terrain politique, le premier ministre Couillard clame son inconfort à utiliser la clause dérogatoire pour surseoir au jugement maudit. Il martèle que celle-ci a pour effet de suspendre les libertés de tout le monde. Une bombe nucléaire, dit-il.

En coulisse, on explique que bien des juristes sont d’avis que, au niveau­­ du droit criminel, le Québec n’aurait pas la légitimité de se prévaloir de la clause nonobstant. En clair, on ignore si cela passerait le test des tribunaux.

Front commun

De plus en plus de voix s’élèvent pour exiger que ce soit le gouvernement fédéral qui utilise la clause déro­gatoire pour donner une bouffée d’oxygène à l’ensemble des provinces. C’est d’ailleurs la demande que le candidat à la chefferie du Parti conservateur, Erin O’Toole, a faite au cours des derniers jours. Voilà une suggestion pleine de bon sens.

Le premier ministre du Québec devrait­­ exercer son leadership et militer pour que les provinces puissent parler d’une seule et même voix, une voix forte, pour forcer le gouvernement Trudeau à agir en ce sens.

En entrevue hier à l’émission de radio que je coanime avec Richard Martineau à CHOI, la députée péquis­te Véronique Hivon a affirmé que les libéraux bénéficieraient de son soutien dans le cadre d’une telle démarche. Même si cette dernière prône l’utilisation de la clause dérogatoire par le Québec lui-même, elle est prête à appuyer toute initiative qui évitera des aberrations comme celles dont nous sommes témoins et qui se multiplient à un rythme effarant. Espérons que le premier ministre de tous les Québécois saura entendre­­ et partager le désarroi de la population.