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Mises à pied massives à prévoir au Canada

Trump relance la guerre commerciale avec un tarif douanier de 20 %

léopold lapointe
Photo Courtoisie Léopold Lapointe, propriétaire de la scierie Lapointe et Roy, entrevoit des temps difficiles pour son entreprise.

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L’industrie du bois d’œuvre est en état de choc à la suite de l’annonce de l’administration Trump d’imposer un tarif douanier de 20 % sur le bois québécois exporté aux États-Unis et s’attend à plusieurs mises à pied.

Non seulement les États-Unis exigeront une taxe pour vendre le bois chez eux, mais ils enverront aussi une facture pour le bois d’œuvre qui a déjà été vendu depuis les trois derniers mois.

Selon Léopold Lapointe, qui est propriétaire de la scierie Lapointe et Roy, à Courcelles en Estrie, depuis 1980, ces nouveaux tarifs douaniers feront très mal à son entreprise.

«Ce n’est pas la première fois qu’ils nous font le coup. La dernière fois, c’est en 2006 et ça avait fait fermer beaucoup d’entreprises. On va essayer de continuer comme on peut. On ne pense pas fermer, mais il faut s’attendre à ce que nos employés fassent du temps partagé. Nous avons refait notre usine à neuf, il y a deux ans, et si c’était à refaire, je ne prendrais probablement pas la même décision», a-t-il dit.

«Conséquences importantes»

On s’attend à ce que la décision de Donald Trump force les entreprises forestières à effectuer des mises à pied massives.

«Il est encore prématuré de spéculer, mais il est certain qu’une mesure comme celle-ci aura des conséquences importantes sur les producteurs de bois canadiens. Il y aura des compressions et il y aura des pertes d’emplois», estime Seth Kursman, le vice-président aux communications de Résolu, l’un des plus grands joueurs de l’industrie.

Ce dernier qualifie de «surprenante» la décision du nouveau président américain, d’autant plus qu’il avait annoncé vouloir faire de la création d’emplois son principal cheval de bataille.

Selon M. Kursman, une telle taxe fera grimper le prix du bois aux États-Unis et baisser le nombre de mises en chantier au sud de la frontière. Selon lui, ce n’est pas une bonne décision économique ni pour le Canada ni pour les États-Unis.

Baisse du prix du bois au pays

À l’inverse, le prix du bois d’œuvre au Canada pourrait baisser puisque les entreprises canadiennes voudront vendre leur bois de ce côté-ci de la frontière.

«Pour être compétitives, les entreprises devront absorber la taxe. Avec ce 20 %, on n’arrivera plus, et tout le monde va se mettre à vouloir vendre au Canada. C’est sûr que les prix vont baisser», analyse M. Lapointe.