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L’herbicide Roundup homologué à nouveau

Il a été classé «probablement cancérogène»

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L’un des pesticides les plus vendus dans le monde continuera d’être utilisé au Canada, même s’il y a des craintes pour la santé humaine, s’inquiètent des groupes environnementaux.

«C’est préoccupant de voir qu’on reconduit une homologation avec très peu de changements alors qu’il y a de plus en plus d’inquiétudes par rapport à son utilisation. Sans demander son bannissement, on aurait pu mieux restreindre son usage», insiste Louise Hénault-Éthier, chef des projets scientifiques pour la Fondation David Suzuki.

Santé Canada a permis vendredi que le glyphosate, l’ingrédient actif contenu dans le populaire herbicide Roundup vendu par Monsanto, continue d’être utilisé au pays pour une autre période de 15 ans. Ce produit est aussi utilisé dans des centaines d’autres pesticides. Santé Canada impose cependant très peu de changements dans les façons de faire.

«Santé Canada est responsable de limiter les risques que posent les pesticides sur la santé et l’environnement et les instructions sur l’étiquetage ne sont pas suffisantes. La responsabilité de réduire les risques du glyphosate ne doit pas être imposée aux utilisateurs de ces produits seulement par l’entremise d’étiquettes», soutient Annie Bérubé, directrice des relations gouvernementales chez Équiterre.

<b>Louise Hénault-Éthier</b></br>
<i>Scientifique</i>
Photo Marie-Ève Dumont
Louise Hénault-Éthier
Scientifique

Beaucoup de glyphosate

Des résidus de glyphosate ont été trouvés dans pas moins de 30 % des échantillons d’aliments testés par l’Agence canadienne d’inspection des aliments, dans un rapport récent.

Le glyphosate a été identifié dans des produits pour nourrissons ainsi que dans des fruits et légumes où il est peu ou pas utilisé.

Le Centre international de recherche sur le cancer, une agence de l’Organisation mondiale de la santé, classifie le glyphosate comme étant «probablement cancérogène pour l’humain».

Plusieurs études démontrent aussi que les pesticides à base de glyphosate seraient des perturbateurs endocriniens, c’est-à-dire qui affectent les hormones. Ceux-ci sont associés notamment au cancer de la prostate, ou au trouble du spectre de l’autisme.