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«Nos décisions sont prises pour le bien commun»

Le ministre Blanchette répond à nos questions

Le ministre Luc Blanchette compte pratiquer davantage la pêche, à la retraite, et il apprend à découvrir la chasse, grâce à son fils.
Photo courtoisie Le ministre Luc Blanchette compte pratiquer davantage la pêche, à la retraite, et il apprend à découvrir la chasse, grâce à son fils.

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Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette, est lui-même un pêcheur occasionnel et il apprend à découvrir la chasse.

«La pêche m’a toujours permis de me reconnecter avec la nature, dit-il. C’est une activité qui me détend beaucoup et que je compte pratiquer davantage à la retraite.

«Quant à la chasse, c’est une activité que j’apprends à découvrir avec mon fils Olivier.

«J’ai toujours été un amateur de la nature à son état sauvage, je suis donc très fier de pouvoir partager ces nouveaux moments avec mon fils.

«D’ailleurs, j’ai également une journée de trappe à mon actif depuis mon arrivée en poste...»

Le ministre Luc Blanchette compte pratiquer davantage la pêche, à la retraite, et il apprend à découvrir la chasse, grâce à son fils.
Photo courtoisie

Le ministre, que j’ai souvent écorché dans mes articles, a bien voulu répondre à quelques questions sur des sujets épineux. Voici ses réponses...

Une importante vague de mécontentement touche votre ministère. Votre prédécesseur, Laurent Lessard, a vu le nombre d’adeptes chuter de façon très significative au cours de son règne (55 000 pêcheurs de moins et 11 700 chasseurs de petit gibier de moins). Que comptez-vous faire pour rectifier la situation?

«Je suis pleinement conscient que lorsque des décisions difficiles sont prises et qu’elles affectent les habitudes des gens, elles sont souvent critiquées. Mais il faut réaliser que ces décisions sont prises pour le bien commun. Par ailleurs, il faut ajouter que le facteur démographique peut expliquer en partie la baisse du nombre d’adeptes pour ces catégories: 75 % des pêcheurs et 68 % des chasseurs ont 45 ans et plus. Pour contrer ce phénomène, nous continuerons à financer des initiatives touchant la relève, mais également des projets favorisant la rétention des adeptes d’activités de chasse, de pêche et de piégeage. Le plus récent budget de notre gouvernement prévoit d’ailleurs 15 millions de dollars sur cinq ans pour le développement de la pêche au saumon et de la pêche sportive, avec une attention particulière portée au développement de la relève chez les pêcheurs. De plus, plusieurs programmes de subventions et de projets initiés par le ministère ont permis de réinvestir plus de 34 M$ dans le domaine de la faune au cours des huit dernières années, permettant la réalisation de plus de 900 projets fauniques.

On apprenait cette semaine que 1 200 constats d’infractions avaient été invalidés en raison de la lenteur de votre gouvernement à traduire un document. Ne croyez-vous pas que cette situation est inacceptable et que vous auriez dû faire preuve de plus de diligence?

Oui en effet cette situation est malheureuse.J’accorde personnellement une très grande valeur au travail qu’effectuent les agents de la protection de la faune et je ferai tout en mon pouvoir pour qu’une telle situation ne se reproduise plus jamais.

Les Québécois ont de moins en moins accès à leurs lacs et rivières. Vos prédécesseurs Serge Simard et Laurent Lessard n’ont aucunement fait avancer ce dossier. Que ferez-vous concrètement d’ici à six mois?

La réglementation relève du ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire (MAMOT). Cela dit, mon ministère et le MAMOT travaillent en collaboration sur la question. Et ce travail a commencé sous mon prédécesseur. En 2016-2017, le MFFP a soutenu six projets pilotes visant à améliorer l’accès aux plans d’eau. Cette démarche a permis, pour 2017-2018, le lancement d’un nouveau programme incitatif, soit le Programme d’accès aux plans d’eau pour la pêche récréative. Celui-ci relève du MFFP et cherche à améliorer l’accès aux plans d’eau pour l’ensemble des pêcheurs québécois tout en contribuant à la lutte contre les espèces exotiques envahissantes. Les organismes municipaux dont les projets seront retenus devront s’engager à maintenir des tarifs abordables ou encore la gratuité pour les pêcheurs sportifs.

Le comité du MAMOT pour l’accès aux plans d’eau est en place depuis deux ans. Quelles sont ses recommandations?

Le gouvernement du Québec procède actuellement à la révision des orientations gouvernementales en matière d’aménagement du territoire. Les nouvelles orientations feront l’objet de consultations au cours des prochaines semaines et leur adoption est prévue à l’été. Le gouvernement est sensible à l’enjeu d’accès aux attraits naturels (notamment les plans d’eau).

Pourquoi les guides des principales règles de pêche et de chasse sportives, en format électronique et papier, sont-ils publiés à la dernière minute? Cela cause des maux de tête aux pourvoyeurs et aux adeptes. Les provinces et les États voisins publient ces ouvrages de référence plusieurs mois à l’avance.

L’information réglementaire reflète l’évolution de la situation de la ressource faunique et des modalités de gestion s’y référant. Dans un souci d’utiliser les meilleures données scientifiques disponibles, les règles sur la pêche et la chasse sportives sont diffusées à la suite de leur analyse détaillée, ce qui permet au ministère d’avoir une gestion prudente et fine des espèces prélevées et de préserver la ressource faunique à long terme. L’information réglementaire en ligne fut publiée le 9 mars.

Pourquoi n’avons-nous pas le droit de pêcher avec deux cannes durant la saison estivale, comme presque partout en Amérique du Nord?

En saison hivernale, un nombre de lignes supplémentaires est déjà permis. En saison estivale, il est faux de prétendre que cela est permis presque partout. L’Alberta et la Saskatchewan interdisent cette pratique. Une telle pratique devrait être analysée pour bien mesurer les impacts sur la ressource, car en augmentant le nombre de lignes, on peut accroître la pression de pêche. L’utilisation de deux cannes pourrait faire en sorte d’augmenter le succès de pêche quotidien et la récolte totale. Cela soulève des enjeux de conservation et de répartition de la récolte dans le temps et entre les utilisateurs.

Quels sont vos plans pour stimuler la relève?

Nous allons continuer d’investir dans des programmes comme le programme de Relève et mise en valeur de la faune permettant la réalisation de projets mettant en valeur les activités de chasse, de pêche et de piégeage, et le développement de la relève. Ce programme permet entre autres de financer près d’une centaine de projets d’initiation, de formation et de promotion d’activités de relève, par exemple la Fête de la pêche. Par ailleurs, comme indiqué précédemment, notre gouvernement a fait le choix d’investir

15 millions dans le soutien au développement de la pêche au saumon et de la pêche sportive.

Concernant le nouveau programme d’aide financière pour faciliter l’accès aux plans d’eau, le programme de l'an dernier était presque identique. Combien de municipalités ont participé?

Le programme de l’an dernier a bien fonctionné, et 25 municipalités ont déposé des projets admissibles lors du projet pilote d’accessibilité à la ressource faunique. En fonction de notre enveloppe budgétaire, six projets ont été retenus, soit les projets de Trois-Rivières, La Prairie, Deschambault-Grondines, Sherbrooke, Shawinigan et du Conseil des Abénakis de Wôlinak.

Quels changements palpables en ont découlé?

Trois municipalités ont réalisé leurs travaux au cours de la période estivale 2016. Le projet de Deschambault-Grondines a permis de réparer un quai et une rampe de mise à l’eau en plus de redonner accès à un quai. Le projet de Sherbrooke a créé une nouvelle descente donnant accès au lac des Nations et le projet du Conseil des Abénakis de Wôlinak a aménagé un nouveau site de pêche récréative incluant un quai flottant modulable. Les projets de Trois-Rivières, La Prairie et Shawinigan sont encore en cours de réalisation. Ils consistent à, respectivement, doubler la capacité d’une rampe de mise à l’eau existante, rénover des quais et une rampe, et remplacer un site désuet par l’aménagement d’une nouvelle descente et d’un nouveau quai. Les six municipalités se sont engagées à conserver la tarification appliquée à ces accès pendant dix ans. Ainsi, ces projets ne prévoient aucuns frais pour accéder aux rampes, quais et sites.