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L’eau va encore monter en Mauricie, en Outaouais, dans les Laurentides et dans Lanau­dière

Le citoyen de Shawinigan Sylvain Michaud est prêt à évacuer sa résidence. Il se sent impuissant et attend l’ordre d’évacuation de sa municipalité.
Photo collaboration spéciale, Amélie St-Yves Le citoyen de Shawinigan Sylvain Michaud est prêt à évacuer sa résidence. Il se sent impuissant et attend l’ordre d’évacuation de sa municipalité.

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Les riverains victimes d’inondations depuis déjà quelques semaines ne sont pas au bout de leurs peines puisque de la pluie abondante et des orages sont prévus dans les prochains jours. Le pire pourrait bien être à venir.

La Sécurité civile s’attend à une hausse du niveau des rivières en Mauricie, en Outaouais, dans les Laurentides et dans Lanau­dière.

À Yamachiche, en Mauricie, plusieurs résidences ont été inondées.
Photo Amélie St-Yves
À Yamachiche, en Mauricie, plusieurs résidences ont été inondées.

Lundi, un CHSLD et deux écoles ont été évacués à Maniwaki, en Outaouais, les autorités ayant dû ouvrir un barrage, ce qui a fait monter le niveau d’eau de la rivière située à proximité.

Plusieurs villes, en état d’alerte, s’attendent à ce que des résidents soient inondés. La Ville de Gatineau a recommencé à distribuer des sacs de sable aux résidents.

À Shawinigan, la municipalité surveillait la situation de près, mais le maire Michel Angers ne s’attend pas à ce que la rivière Saint-Maurice cause beaucoup de dégâts, puisque le niveau de l’eau serait bien géré par Hydro-Québec, selon lui.

Une cinquantaine de résidences, ce qui représente environ 130 personnes, ont tout de même reçu un avis d’évacuation préventive.

«Ça fait 25 ans que je reste ici et je n’ai jamais vu l’eau monter comme cela. Mais je vous dirais qu’Hydro-Québec semble avoir pris le contrôle, parce que l’eau baisse, actuellement», explique Sylvain Michaud, un riverain du secteur.

Des sacs de sable sont installés dans les fenêtres du sous-sol de sa résidence et sa valise est prête. Il est dans l’attente, tandis qu’il pompe l’eau qui s’est déjà infiltrée dans son sous-sol.

Printemps record

Environnement Canada estime que le printemps 2017 pourrait se classer dans les cinq plus mouillés qu'on ait vus dans le sud du Québec. Il y a 10 jours, Environnement Canada a indiqué qu’il n'y avait jamais eu autant de précipitations dans les quatre premiers mois de l’année depuis 1872.

«On peut s’attendre à des débordements. On n’a pas eu de pause assez grande des pluies pour que le niveau de certaines rivières diminue», soutient Thomas Blanchet, porte-parole de la Sécurité civile.

Le pire à venir

«Déjà, on est sur le point d’atteindre les 50 mm de pluie tombés juste à Montréal depuis dimanche soir. Si on continue comme ça, on va vite atteindre des records de pluie pour le printemps», ajoute le météorologue d’Environnement Canada Bruno Marquis.

Un autre système dépressionnaire devant provoquer des précipitations est également prévu vers la fin de la semaine.

À 78 ans, elle tente de protéger ses souvenirs

Ghislaine Paquette, résidente de Saint-Joseph-du-Lac
Photo Isabelle Houle
Ghislaine Paquette, résidente de Saint-Joseph-du-Lac

Saint-Joseph-du-Lac  |  Une dame de 78 ans tente de protéger les souvenirs qu’elle a accumulés dans sa résidence, qu’elle occupe depuis 51 ans.

Ghislaine Paquette a mis ses bottes de pluie et travaille fort pour protéger la maison qu’elle habite depuis 1966, à Saint-Joseph-du-Lac. Avec l’aide de ses enfants, elle a installé 600 sacs de sable autour de la maison, actuellement menacée par le lac des Deux-Montagnes, qui est sorti de son lit.

«Ça fait 51 ans que je suis ici et des inondations, j’en ai vu. Chaque année, je me prépare avec des sacs de sable et des pompes, et j’évite que l’eau s’infiltre. Mais cette année est exceptionnelle», affirme-t-elle.

Sa maison est le bien le plus précieux de Mme Paquette, pas seulement en raison de sa valeur, mais également pour tous les souvenirs qu’elle renferme. Elle ne veut surtout pas la perdre à cause d’une inondation.

Pas de dommages

«Je n’ai pas encore eu de dommages. Je suis prête. J’ai élevé mes cinq enfants ici et mon mari est mort dans cette maison il y a quatre ans. C’était ce qu’il voulait. J’ai trop de souvenirs ici pour ne pas la protéger», a-t-elle dit.

Depuis deux semaines, elle est sur un pied de guerre alors que le niveau de l’eau monte et descend, sans jamais réussir, cependant, à s’infiltrer dans sa résidence.

Elle espère que la pluie attendue dans les prochains jours ne fera pas trop monter le niveau de l’eau.

Mme Paquette est confinée chez elle depuis deux semai­nes à cause des pluies abondantes qui inondent sa rue.