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Quelle solution pour Québec?

Décrié par les experts, le projet de nouvelle route entre Québec et Lévis reste populaire dans la région

Les débits de circulation des ponts de Québec (à gauche) et Pierre-Laporte ont atteint leur capacité maximale depuis plusieurs années.
Photo le journal de québec, stevens leblanc Les débits de circulation des ponts de Québec (à gauche) et Pierre-Laporte ont atteint leur capacité maximale depuis plusieurs années.

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Le débat sur la création d’un troisième lien entre Québec et Lévis fait rage dans la Capitale-Nationale. De nombreux experts consultés par Le Journal de Québec sont d’avis que la construction d’une nouvelle route ne serait qu’une solution temporaire à la congestion. Ils estiment qu’il faudrait miser sur le transport en commun pour désengorger le réseau à long terme. D’autres défendent bec et ongle un projet d’infrastructure routière qui favoriserait l’utilisation de la voiture. Voici ce qu’il faut savoir sur le débat.

La population veut un nouveau lien routier

77 %

Environ trois personnes sur quatre sont d’accord avec la construction d’un troisième lien entre Québec et Lévis qui privilégierait l’utilisation de la voiture. Lors d’un sondage mené en 2016, 74 % des citoyens de Québec et Lévis appuyaient le projet. 
 
49 %

L’appui au projet de service rapide par bus (SRB) a dégringolé à Québec et Lévis, passant de 74 % à 49 % en à peine six mois.

Source: sondage Léger effectué le 17 avril

Qu’est-ce que le projet de 3e lien ?

  • Le projet de construire un nouveau pont ou un tunnel entre Lévis et Québec, c’est-à-dire un troisième lien routier, alimente les discussions depuis plusieurs décennies, mais l’augmentation de la congestion dans la région a enflammé le débat récemment.  
  • Une étude réalisée en 2016 par un professeur de l’École polytechnique a conclu qu’un tunnel sous-fluvial entre les deux villes coûterait 4 milliards$
  • Le gouvernement du Québec prévoit étudier d’autres scénarios et d’autres tracés possibles en espérant trouver une alternative moins coûteuse au tunnel. La création d’un Bureau de projet doté d’un budget de 20,5 M$ a été annoncée en mars.
 

Les maires appuient le 3e lien

Le maire de Québec Régis Labeaume, qui ne s’est jamais montré chaud à l’idée d’un troisième lien, a changé son fusil d’épaule dernièrement. Il estime toutefois que le projet de tunnel est beaucoup trop coûteux. Il compte sur le Bureau de projet du gouvernement pour trouver la meilleure alternative possible pour le projet d’infrastructure. De son côté, le maire de Lévis Gilles Lehouiller est un ardent défenseur du troisième lien. Il croit non seulement que le projet pourra réduire la congestion de manière significative, mais qu’il est aussi vital pour assurer la croissance économique de la région.

Une solution temporaire

Selon des experts d’ici et des États-Unis consultés par Le Journal de Québec, la création de nouvelles routes ne réduit la congestion que temporairement. Il suffit parfois de 2 ou 3 ans pour que les bouchons reviennent. Plus on accroît la capacité routière, disent-ils, plus les gens vont s’établir loin en périphérie et plus ils empruntent les routes. Ceux qui n’utilisent pas leur voiture en raison de la congestion décideront finalement de s’en servir. Les chercheurs estiment qu’un «cocktail» de solutions incluant le transport en commun, le covoiturage, la densification du centre-ville et la modification des horaires de travail peuvent aider à atténuer le trafic.

Le SRB sur la glace

Soutenu par Québec et Lévis depuis maintenant deux ans, le service rapide par bus (SRB) qui devait relier les deux villes en passant par le pont de Québec est mis sur glace. Le projet, qui s’apparentait à un tramway, était évalué à plus de 1 milliard $. Le maire et les élus municipaux de Lévis ont unanimement décidé le 18 avril de se retirer du mégaprojet qu’ils jugent trop cher. Le maire de Québec, Régis Labeaume a enterré le projet dans sa forme actuelle à son tour la semaine dernière, en promettant une grande consultation publique pour repenser l’avenir du transport collectif à Québec.
 
Unis contre le SRB depuis le départ, les radios de Québec, qui appuient largement la construction d’un troisième lien, n’ont pas tardé à crier victoire.