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Sortie de secours?

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L’autre jour, je déprimais devant un copain à la perspective de voir le PLQ réélu en 2018 pour quatre autres interminables années.

Voici ce qu’il m’a dit...

Plan

Le Québec est francophone à autour de 80 %. Dans ce Québec francophone, le PLQ est devenu un tiers parti marginal.

Il se maintient au pouvoir parce qu’il a l’appui de 80 % des allophones et des anglophones, véritable minorité de blocage, et parce que les francophones se répartissent en trois blocs.

Dans toutes les circonscriptions où les non-francophones sont la majorité ou une importante minorité, ou dans celles où les francophones se divisent très nettement, la victoire est acquise au PLQ.

Résultat: le PLQ peut, avec environ un tiers du vote global, obtenir une majorité absolue de sièges.

C’est la logique de notre mode de scrutin.

Certes, dans le passé, il est arrivé que le PQ ait une majorité des sièges avec une minorité des voix, mais cette distorsion n’a jamais été aussi forte que dans le cas du PLQ actuel.

Et cette distorsion s’accentue à mesure que le nombre de non-francophones augmente.

Plutôt que de blâmer les immigrants, il faut donc changer le mode de scrutin pour que le nombre de sièges obtenu par un parti reflète davantage son poids réel dans l’électorat.

Mais le PLQ ne changera jamais un mode de scrutin qui lui garantit la victoire.

Pour espérer le défaire, on évoque beaucoup une alliance entre les partis d’opposition.

Voyons les choses en face: sur le plan des idées, un fossé sépare les partis d’opposition.

Une seule chose les unit réellement: leur désir commun de changer le mode de scrutin, authentique verrou qui empêche le désir de changement de se matérialiser.

C’est leur seul dénominateur commun, mais c’est l’essentiel si on veut faire sauter ce verrou.

Or, seul un gouvernement majoritaire peut changer le mode de scrutin.

Le PQ, s’il fait cavalier seul, a très peu de chances de former un gouvernement majoritaire.

La CAQ, encore moins. QS, encore moins.

Mais si les trois s’unissent, le temps d’une seule campagne électorale, avec l’unique engagement de changer le mode de scrutin, et qu’ils obtiennent une majorité de sièges, ça devient possible: le verrou peut sauter.

Repartir

Du coup, en changeant les règles du jeu, on débloque tout le jeu politique.

On rebrasse radicalement les cartes. On remet les compteurs à zéro.

Sitôt le scrutin proportionnel introduit, après une petite année, cette alliance de pure circonstance entre le PQ, la CAQ et QS aura épuisé son utilité.

Chacun reprend ses billes et garde ses convictions.

On fait des élections anticipées et le peuple tranche.

On aurait enfin un Parlement qui refléterait la volonté populaire, présentement entravée par les règles du jeu et le clivage ethnolinguistique.

Le statu quo actuel ne fait qu’un seul gagnant: un PLQ qui ne le mérite plus.

Vous en pensez quoi?