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Des sinistrés refusent de quitter

Jean-François Cousineau refuse de quitter sa résidence. Il a même pris le risque de transporter une génératrice de 250 livres dans un canot pour pouvoir demerer chez lui d'une façon autonome.
Photo Samuel Blais-Gauthier Jean-François Cousineau refuse de quitter sa résidence. Il a même pris le risque de transporter une génératrice de 250 livres dans un canot pour pouvoir demerer chez lui d'une façon autonome.

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GATINEAU | Inondés déjà depuis des jours, certains sinistrés refusent de quitter leur résidence, malgré l’avis des autorités.

L’eau déborde de plus en plus à Gatineau, comme ailleurs au Québec et le pire reste à venir puisque jusqu’à 60 millimètres de pluie sont attendus d’ici dimanche à certains endroits. Malgré les avis de quitter, certains choisissent de rester.

C’est le cas de Jean-François Cousineau, qui se prépare à une éventuelle coupure de courant. Les bras chargés d’une génératrice toute neuve, ce dernier tente de la déposer dans son petit canot versant. Conscient des risques, il décide quand-même de s’aventurer à l’eau pour se rendre chez lui.

«On va s’arranger pour ne pas chavirer, on va y aller doucement. Je vais rester chez moi jusqu’à la dernière seconde. Moi j’ai vaincu la dépendance au crack il y a 15 ans. J’ai connu pire. Pour moi, aujourd’hui, c’est une peanut. Je me suis endurci», lance M. Cousineau.

La belle soeur de Linda Hamel est agoraphobe et refuse de quitter son logement même si l’eau continue de monter d’heure en heure. Mme Hamel attendait patiemment une chaloupe navette pour aller lui porter des provisions.

«Elle ne veut pas sortir, elle en est incapable. Le coeur lui arrêterait si elle sortait, donc nous sommes là», a lancé Mme Hamel, l’air exténué.

Malgré la pluie, des dizaines de bénévoles ont mis l’épaule à la roue afin de remplir des sacs de sable pour freiner l’hémorragie. Plus de 150 000 sacs ont déjà été distribués et ça continue.

«C’est un devoir que d’aider son prochain», a lancé Myriam Nadeau, trempée de la tête aux pieds à remplir des sacs de sable.

Gérard Gagnon était à l’hôpital lorsque l’eau s’est mise à monter. Vendredi, il s’est rendu sur les lieux pour constater l’ampleur de la situation. Debout devant l’immense étendue d’eau. il regarde avec désespoir sa maison au loin.

«J’aime mieux ne pas y penser. Il y a beaucoup de chose que je n’ai pas pu monter à l’étage car je n’allais pas bien. C’est une affaire d’au moins 30 000 à 35 000 $ au moins», se désole M. Gagnon.