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Bombardier: la Caisse de dépôt veut le départ de Pierre Beaudoin

Le petit-fils de Joseph-Armand Bombardier n’a plus le soutien de l’institution

Pierre Beaudoin
Photo d'archives Pierre Beaudoin

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La Caisse de dépôt et placement du Québec désavoue Bombardier. L’investisseur n’appuiera pas la réélection du président du conseil d’administration, Pierre Beaudoin, et votera contre la hausse de salaire vertigineuse des six autres grands patrons.

Si Alain Bellemare, le PDG, a «tout» l’appui de la Caisse, il en va autrement pour M. Beaudoin, prédécesseur de M. Bellemare et petit-fils du fondateur Joseph-Armand Bombardier.

Pour assurer la réussite de ce fleuron québécois, il est essentiel d’«améliorer la qualité de la gouvernance de la société», écrit la première vice-présidente de la Caisse dans une lettre envoyée à Bombardier inc.

«La composition, la gestion et la direction du C.A. doivent absolument s’améliorer afin que la société livre les résultats attendus de son plan» de relance, poursuit Kim Thomassin.

Les salaires critiqués

La Caisse pointe du doigt la décision du conseil, d’approuver des hausses de rémunération de 48 % pour ses sept plus hauts dirigeants, une décision partiellement annulée et reportée en raison du tollé suscité. M. Beaudoin avait notamment renoncé à son augmentation.

Un sondage du Journal avait révélé que 93 % des Québécois s’opposaient à la hausse.

Le désaveu de la Caisse, à quelques jours de l’assemblée des actionnaires du 11 mai, est un symbole fort, car elle ne s’exprime de la sorte qu’en de très rares occasions.

La famille Bombardier détient aujourd’hui moins de 50 % des actions de l’entreprise, mais continue de la contrôler grâce à ses actions multivotantes, qui lui donnent 53,23 % des votes. L’an dernier, la «résolution consultative non contraignante» sur la politique de rémunération avait été appuyée par 96 % des actionnaires.

Ministre québécoise de l’Économie, Dominique Anglade a affirmé au Journal que Bombardier «doit être à l’écoute de ses actionnaires», à la veille de son assemblée. Elle n’a pas voulu dire si M. Beaudoin jouissait de sa confiance.

Les politiciens réagissent

«Une entreprise de la taille de Bombardier doit être à l’écoute de ses actionnaires. Je m’attends à ce qu’il y ait une écoute de la part de l’entreprise.»
– Dominique Anglade, ministre québécoise de l’Économie

«Les masques tombent. On s’aperçoit que le gouvernement n’a pas pris l’opinion des Québécois au sérieux, s’est fait le porte-parole de Bombardier et a menti.»
– Alain Therrien, porte-parole du Parti québécois en matière d’économie

«Aujourd'hui, la Caisse a pris une sage décision, qui est à la hauteur de sa mission en tant que garant des économies collectives.»
– Amir Khadir, Québec solidaire