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Congrès de l’ACFAS: les djihadistes recrutent les jeunes comme les gangs de rue

Maria Mourani, Criminologue
Photo d'archives Maria Mourani, Criminologue

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La technique de manipulation pour convaincre un jeune d’aller faire le djihad est la même que celle des gangs de rue qui recrutent de nouveaux membres, ou des filles pour la prostitution, a noté une criminologue.

«Le discours diffère, mais les techniques de recrutement sont les mêmes. On utilise la séduction, l’amour et l’amitié. Celui qui est ciblé par la propagande djihadiste va trouver une relation père-fils ou un frère. La jeune fille recrutée par un proxénète va trouver un prince charmant», a expliqué la criminologue Maria Mourani, qui s’intéresse au djihadisme depuis déjà 2012. Elle présentera son projet d’étude au congrès de l’ACFAS vendredi.

L’ancienne députée fédérale croit que les autorités devraient prévoir de la prévention concernant l’endoctrinement djihadiste, dès le secondaire.

«On devrait faire comme avec les gangs de rue et la prostitution, soit des ateliers de prévention pour expliquer les stratégies des recruteurs», a-t-elle décrit.

Le recrutement se fait souvent de la même façon, sur les réseaux sociaux, des blogues portant sur divers sujets, ou des sites de rencontre.

Imprévisible

«On pense qu’on doit réinventer les outils, mais on les a déjà», a insisté celle qui a aussi écrit plusieurs ouvrages sur les gangs de rue.

Mme Mourani s’est intéressée au phénomène des Occidentaux qui quittent leur pays pour rejoindre les groupes armés à l’étranger. Elle a interviewé une quinzaine de jeunes, ou proches de jeunes, au Canada, en France et en Belgique, recrutés pour aller faire le djihad. Elle voulait savoir à quel moment et pourquoi on adhère à la propagande.

«Qu’est-ce qui fait que la personne se met à croire cette idéologie, au point d’en venir à faire des choses pour cette idéologie et le groupe? Il va y avoir un moment déterminant dans la vie du jeune. Et ce moment est imprévisible, d’où l’importance de la prévention», a-t-elle insisté.

Elle a remarqué que, contrairement à ce que l’on peut penser, la religion et la politique sont très secondaires dans la motivation d’un jeune.