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Le 375e de l’oubli

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Des Montréalais chantent leur mémoire.

Loin d’imiter Québec ou Saguenay, Montréal s’enfonce dans l’oubli de sa propre saga fondatrice, malgré la pluie de millions et le pont clignotant.

In extremis, une troupe bénévole organise un spectacle musical au sujet de Montréal.

Ayant lu ma chronique du dimanche dans ce journal et mon livre sur les 60 événements marquants de Montréal à l’émission de Denis Lévesque, l’organisatrice m’a demandé d’être le narrateur du spectacle. Devinez quelle fut ma réponse!

Saguenay, Québec exemplaires

À Québec, pour 2008, on a honoré Samuel de Champlain. Devant l’Assemblée nationale a été installée la magnifique fontaine de Tourny, cadeau des magasins Simons, en guise de reconnaissance. Au Saguenay, un grand spectacle historique existe, avec succès, depuis les années 1980.

À Montréal, rien de tout cela. Les responsables de la ville, s’ils sont responsables, aiment l’idée d’une fête spectaculaire, mais vide, pour notre métropole nord-américaine banalisée, encore trop française au goût de certains.

Un vrai hommage

Certes, un beau grand pont changera de couleurs selon les circonstances, mais — bizarrement! — c’est Jacques Cartier, pas de Maisonneuve, qui en aura l’honneur. Au lieu d’honorer nos fondateurs, on fera sauter des pétards. Il y aura des projections. Guy A Lepage animera. La routine, quoi. Reculons en 1962, pour le 325e, Jean Drapeau, visionnaire, débaptisait alors les rues Burnside et de Montigny pour les offrir au sieur de Maisonneuve.

Heureusement, le groupe vocal Turbulence, avec 75 choristes, tous des bénévoles passionnés de musique, fera revivre en chansons les grands moments de Montréal, les 26, 27 et 28 mai, devant une salle de 525 places, au Centre Leornardo-Da-Vinci (à Saint-Léonard). Ian Perreault, Félix Leclerc, Fernand Gignac, etc. Tous les styles, toutes les époques, sont à l’honneur: Jeanne Mance comme les années folles, les missionnaires comme Maurice Richard, les Amérindiens comme les immigrants! Quand les décideurs et leurs millions oublient la mémoire, c’est aux Montréalais eux-mêmes de s’organiser.