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Toutes les fois où je ne suis pas morte: en Belgique après les attentats de Paris

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Romancière au style incisif qui a ravi les lecteurs avec Dis oui et Va chercher, Geneviève Lefebvre les entraîne dans des territoires où la sécurité n’existe pas pour son cinquième roman, Toutes les fois où je ne suis pas morte. Cette incroyable histoire est née d’un fait vécu: son séjour en Belgique au moment des attentats de novembre 2015 à Paris.

Trois jours après les attentats du 13 novembre à Paris, Catherine, son héroïne, quitte Montréal pour Bruxelles. Elle compte rejoindre Matt Lewis, son ami de toujours, journaliste de guerre pour la BBC. Ils ont six jours pour s’aimer. Mais dans une ville où la menace terroriste plane, rien ne se passe comme prévu.

La torride histoire qu’attendait Catherine foire complètement et irrémédiablement. Mais elle l’entraîne ailleurs. La plume phénoménale, puissante, de Geneviève est à la hauteur des événements qu’elle décrit. Et elle change de registre par rapport aux romans précédents.

«J’ai eu une vie qui s’est déroulée avant que j’écrive ça. J’étais à Bruxelles pendant les attentats de Paris et il y a eu une arrestation devant mes yeux d’un jeune arabe. Je ne saurai jamais pour quel motif. Tout d’un coup, il y a eu l’armée, les mitraillettes, les chiens. Tout le monde qui était dans le café s’est arrêté. Exactement comme la scène qu’il y a dans le livre. C’est devenu extrêmement silencieux. On se disait qu’il y avait une bombe, qu’elle allait sauter et qu’on allait tous être morts.»

Le jeune homme a été sommé de laisser tomber sa veste. «Il n’y avait rien. Ils l’ont embarqué quand même. J’étais en train d’écrire un autre roman, puis j’ai changé de document, j’ai écrit cette scène comme elle venait de se passer. Et tout le reste a suivi.»

Réveil collectif

La romancière a vu cette scène comme une espèce de réveil collectif. «On peut tous sauter, n’importe quand, n’importe où. Et tout le monde dans le café a eu cette espèce de prise de conscience. Forcément, tu penses aux gens qui étaient dans le World Trade Center, aux gens pris en otage... Je l’ai vécu comme un réveil et à Bruxelles, il y avait cette espèce de pulsion de vie. C’est un rappel nécessaire qu’on ne peut pas s’endormir dans le confort et l’indifférence. C’était comme un coup de fouet.»

Geneviève Lefebvre ajoute qu’elle l’a écrit en peu de temps, et que «c’est un livre qui m’est passé à travers le corps». «J’ai vraiment le sentiment d’être passée à une autre étape, comme écrivaine.»

Échec du désir amoureux

Elle traite aussi, en parallèle, de l’échec du désir amoureux. «On arrive avec des failles, des fragilités, des besoins. L’issue d’une rencontre entre deux personnes est tout le temps improbable. C’est quand ça marche que c’est miraculeux!»

Ce ne sera pas une grande histoire d’amour entre Catherine et Matt, «ça foire, pour toutes sortes de raisons. Et c’est correct que ça foire.» Ils sont dans une impasse, en s’aimant trop pour une aventure sexuelle, mais pas assez pour être amoureux. «Est-ce qu’il y a quelqu’un à qui ce n’est pas arrivé? Je pense que c’est assez universel. Ce n’est pas de la faute de Catherine, ce n’est pas la faute de Matt: c’est juste ça. Ça n’a pas marché. Elle ne rencontre pas de prince charmant. Il n’y en a pas.»

  • Geneviève Lefebvre écrit pour le papier, la télévision et le grand écran.
  • Le livre sera traduit en suédois et Geneviève ira en Suède l’automne prochain pour une tournée de promotion.
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