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Le Grand Prix de la réconciliation

Coderre et Dumontier ont fait la paix; la F1 est à Montréal pour rester

Denis Coderre et François Dumontier se sont échangé une poignée de main devant le trophée qui sera présenté au vainqueur du Grand Prix du Canada le 11 juin.
Photo Ben Pelosse Denis Coderre et François Dumontier se sont échangé une poignée de main devant le trophée qui sera présenté au vainqueur du Grand Prix du Canada le 11 juin.

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L’accolade était plus que symbolique. Elle a paru cordiale entre François Dumontier et Denis Coderre.

La scène, captée mardi en conférence de presse, vient donc mettre un terme à des mois de tergiversations, voire d’incertitudes, non seulement concernant l’avenir du Grand Prix du Canada, mais aussi à propos de la relation entre son promoteur et le maire de Montréal. D’entrée de jeu, Coderre a même transmis ses félicitations à celui qu’il évitait même d’identifier par son nom au cours des derniers mois.

«Bravo François et longue vie au Grand Prix, s’est-il exclamé. C’est un événement rassembleur et tout le monde travaille maintenant main dans la main. Je salue François et son équipe pour leur dur labeur. Cette convergence envoie un message clair.»

Facture des travaux à la hausse

Le fameux imbroglio avec le «promoteur» dont avait fait état Coderre l’an dernier était lié à la facture des travaux (défrayée par la ville de Montréal) qui a été revue à la hausse depuis la première estimation.

Monsieur le maire n’a pas aimé constater que cette première évaluation ne pouvait plus être respectée. Avec raison.

Mais M. Dumontier lui a fait bien comprendre qu’il n’était pas responsable de ce bond prodigieux de 32 à 48 millions de dollars exigés pour améliorer les infrastructures au Circuit Gilles-Villeneuve.

«Cet imbroglio concernait les travaux, a indiqué le maire, ça a coûté plus cher que prévu. Mais bon, c’est réglé.

«Ma conception de la vie, c’est comme une voiture. C’est pour ça que le pare-brise est plus grand que les rétroviseurs. Il faut regarder en avant. On a surveillé notre angle mort et tout va bien...»

Ces rénovations étaient essentielles pour entériner la prolongation du contrat qui assurera la venue du grand cirque de la F1 jusqu’en 2029.

«Le plan des travaux et les demandes de la Fédération internationale de l’automobile et des autorités de la F1 (FOM) ont changé, a relaté M. Dumontier. On n’y pouvait rien.»

M. Coderre n’a toutefois pas voulu donner de précisions sur ce fameux point de presse très attendu qui viendra officialiser la prolongation de cette entente, en présence, on suppose, de tous les intervenants du dossier et les représentants des paliers gouvernementaux concernés.

«Il aura lieu en temps et lieu, dit le maire. Nous sommes à peaufiner l’annonce [et probablement les derniers détails administratifs...].»

Il pourrait être organisé pendant le premier jour des activités sur la piste, le vendredi 9 juin, pour profiter de présence des centaines de journalistes affectés à la couverture de la F1. Comme on l’avait fait en 2014 pour annoncer le renouvellement du contrat initial de dix ans avant qu’il ne soit prolongé de cinq autres années.

Cinquante ans, ça se fête !

Cette conférence de presse, qui s’est déroulée au circuit Gilles-Villeneuve, a donné le coup d’envoi des festivités entourant le 50e anniversaire de la venue de la F1 au pays.

Le 17 août 1967, le circuit de Mosport était le théâtre du premier Grand Prix du Canada.

Une panoplie d’événements gratuits, organisés pendant la semaine du GP, permettra à Montréal, comme jamais, de vibrer au rythme de la F1.

L’équipe du Grand Prix du Canada y met sa touche en aménageant la Place du 50e, qui sera aménagée au square Dorchester, au nord du boulevard René-Lévesque, entre les rues Peel et Metcalfe.

«C’est la première fois que notre organisation présente des activités gratuites et accessibles à tous au centre-ville de Montréal», a souligné M. Dumontier.

L’inauguration officielle aura lieu le mercredi 7 juin à 17 h 30, en présence du pilote québécois Lance Stroll et du Français Romain Grosjean.

Le maire de Montréal, à peine à mots couverts, a toujours déploré le manque d’implication du promoteur à l’extérieur de la piste.

«Je suis content qu’on me parle d’activités promotionnelles, a renchéri M. Coderre, autres que les quatre jours au Circuit Gilles-Villeneuve. L’idée est d’aller chercher le plein potentiel de l’événement. Il y a des choses qui bougent. Il faut créer un buzz.»

Le maire Coderre se réjouit aussi de la venue des nouveaux propriétaires de la F1 qui vont donner un second souffle à cet événement.

«Qu’on l’aime ou pas, Bernie Ecclestone a relancé la discipline. Il a créé un empire. Mais ce vent de renouveau va faire du bien à la F1. Les gens de Liberty Media comprennent l’importance d’un succès de foule. Ce n’est pas uniquement une question d’argent et de promotion du sport.

«On veut en faire un happening, ça me comble au plus haut point.»