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Caisse de dépôt: 16,6 milliards $ dans le pétrole, le gaz et le charbon

La Caisse de dépôt et placement du Québec a augmenté sa participation dans l’industrie du charbon, du pétrole et du gaz cette année et cumule des placements de 16,7 milliards $ en 2016, déplore l’organisme Recycle ta Caisse.
Photo d'Archives La Caisse de dépôt et placement du Québec a augmenté sa participation dans l’industrie du charbon, du pétrole et du gaz cette année et cumule des placements de 16,7 milliards $ en 2016, déplore l’organisme Recycle ta Caisse.

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La Caisse de dépôt et placement du Québec a augmenté sa participation dans l’industrie du pétrole, du gaz et du charbon cette année et cumule des placements de 16,7 milliards $ en 2016, déplore l’organisme Recycle ta Caisse.

«La valeur des placements dans ces trois formes d’énergies a connu sur un an une augmentation de 4,5 milliards et leur proportion dans le portefeuille global de la Caisse est passée de 4,9 % à 6,2 %», peut-on lire dans le rapport rédigé par un groupe «constitué de bénévoles qui ne reçoit aucun financement provenant d’entreprises ou de groupes environnementaux», mais qui est promu par la Fondation David Suzuki et Greenpeace Canada.

«La Caisse devrait concrètement faire un virage à 180 degrés : passer d’investir à vendre ses actions et ses obligations dans les hydrocarbures. En désinvestissant des énergies fossiles, la Caisse harmoniserait son action dans le secteur de l’énergie avec sa stratégie générale consistant à privilégier les placements offrant un rendement élevé et prévisible», écrit-on dans ce document dont la préface est signée par Éric Pineault, professeur au département de sociologie et à l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM.

Le groupe se base sur une compilation effectuée par la CDPQ à la suite d’une question du Parti québécois lors de l’étude des crédits budgétaires en mai, avec quelques modifications pour ajouter des entreprises «oubliées». «Au total, notre liste comprend 177 titres de compagnies dont les activités sont centrées sur l’exploitation ou le transport du pétrole et du gaz», écrit-on.

La Caisse aurait ainsi plus d’actions qu’elle en a achetées dans 65 % des compagnies pétrolières et gazières. «Ces injections de liquidités ont contribué à faire augmenter de 4,2 milliards la valeur des placements de la Caisse dans le pétrole et le gaz», estime le groupe.

La CDPQ a des parts importantes dans les entreprises Total, TransCanada, CNRL, Enbridge, Petroleo Brasileiro, Pembina Pipeline et Kinder Morgan.

«Notons au passage que cinq des six compagnies de ce tableau exploitent ou transportent le pétrole des sables bitumineux, qui est très indicateur des cibles ou la Caisse semble vouloir concentrer ses injections de liquidités», notent les analystes de Recyle ta Caisse.

Pour le professeur Pineault, la CDPQ devrait au contraire «participer pleinement et activement à la transition écologique de notre économie» et soutient que dans le futur, les industries qui émettent trop de CO2 n’auront plus leur place. «Nous demandons à la Caisse de planifier l’inéluctable : l’élimination raisonnée du risque carbone de son portefeuille de placement», a-t-il écrit.