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Bulgarie: l’intégration des minorités confiée à l’extrême droite

Valeri Simeonov, ministre à la tête du conseil d’intégration des minorités ethniques
AFP Valeri Simeonov, ministre à la tête du conseil d’intégration des minorités ethniques

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SOFIA | Un ministre bulgare d’extrême droite, dont la formation gouverne avec les conservateurs depuis quelques semaines, a été nommé jeudi à la tête du conseil d’intégration des minorités ethniques notamment chargé des relations avec les importantes communautés turque et rom.

Des experts et des représentants des minorités ont dénoncé le «scandale» et le «cynisme» de cette nomination.

«Cela équivaut à une disparition du Conseil des questions ethniques», a estimé Deyan Kolev de l’association rom Almalipe.

Valeri Simeonov, le nouveau responsable du dialogue entre le gouvernement et une cinquantaine d’organisations représentant les minorités nationales, est aussi leader d’une des trois formations nationalistes qui se sont alliées avec les conservateurs du premier ministre Boïko Borissov pour gouverner après les législatives du 26 mars.

M. Simeonov s’était distingué en 2014 par un violent discours au Parlement envers les Roms, «humanoïdes insolents exigeant des salaires sans travailler» et des allocations pour «des enfants qui jouent avec les cochons et des femmes aux instincts de chienne de rue».

Il avait également mené avant les élections, avec d’autres groupes nationalistes, une démonstration de force à la frontière bulgaro-turque pour faire barrage à l’envoi supposé par Ankara «d’agents de diversion» chargés de «saboter» le scrutin.

Modérant son langage ces derniers mois, M. Simeonov insiste désormais sur l’importance de l’éducation des Roms en vue de leur intégration sur le marché du travail. «Il faut limiter les aides sociales qui prédisposent à une vie de parasite», avait-il estimé en avril dans un entretien avec l’AFP.

Il est également favorable à l’interdiction du financement par la Turquie des structures religieuses musulmanes en Bulgarie.

La Bulgarie, pays de 7,2 millions d’habitants, compte une communauté rom d’environ 700 000 personnes et une minorité turque, héritage de l’occupation ottomane, d’environ 800 000 personnes.

Récemment, un vice-ministre nationaliste du nouveau gouvernement bulgare a dû démissionner après le scandale provoqué par une photo de 2008 sur laquelle il adresse un salut nazi à un officier en cire lors d’une visite de musée à Paris.