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Ils ont changé de vie: il vend tout ici et devient une vedette en Asie

30 millions de personnes ont regardé le mariage de Dave Leduc à la télévision en Birmanie

Dave Leduc et son épouse Irina Terehova filent le parfait bonheur en Asie, où ils habitent ensemble depuis un an.
Photo courtoisie Dave Leduc et son épouse Irina Terehova filent le parfait bonheur en Asie, où ils habitent ensemble depuis un an.

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Un Québécois qui a tout vendu il y a deux ans pour vivre son rêve de devenir combattant en Thaïlande est devenu instantanément une célébrité, au point où 30 millions de personnes ont regardé son mariage en direct à la télé.

La première visite de Dave Leduc en Thaïlande remonte à 2013. Adepte de Muay Thai, art martial mélangeant coups de poing et de coups de pied, il s’entraîne alors un mois et participe à un premier combat au Tiger Muay Thai, le plus important complexe de cette discipline au monde. Le déclic est immédiat. «J’ai dû revenir au Québec après ça, mais mon cœur était encore en Thaïlande. Il me manquait vraiment quelque chose, je voulais juste repartir», raconte celui qu’on surnomme «The Nomad».

Après un deuxième voyage où il a affronté un détenu dans un combat organisé dans une prison thaïlandaise, le Québécois traverse à nouveau ce vide du retour. Le choix devient alors clair dans son esprit. C’est en Asie et nulle part ailleurs qu’il trouvera la vie qu’il recherche.

«J’avais ma voiture, un duplex, ma vie était à Gatineau. J’ai fermé une compagnie de limousine que je venais d’ouvrir et j’ai tout vendu. J’ai vraiment tout laissé derrière», raconte celui qui travaillait aussi comme entraîneur dans un gym de combat. Même s’il adorait son travail d’instructeur, c’est un peu ça qui l’a poussé à partir pour la Thaïlande. «Au fond de moi, je voulais encore performer, je voulais monter dans le ring. J’entraînais des gens à le faire, mais je sentais que je devais encore le faire moi aussi.»

Dave Leduc s’est fait remarquer en Asie lors d’un Prison Fight, un­­­ combat contre un prisonnier thaïlandais, qu’il a remporté haut la main.
Photo courtoisie
Dave Leduc s’est fait remarquer en Asie lors d’un Prison Fight, un­­­ combat contre un prisonnier thaïlandais, qu’il a remporté haut la main.

Champion du monde

Depuis son arrivée sur la petite île de Phuket, la vie de Dave Leduc a changé du tout au tout. Après quelques combats en Muay Thai, il a découvert le Lethwei (boxe birmane), qui est devenu sa discipline de prédilection.

«Le Lethwei est l’art des 9 membres. Les coups de coude, de poing, de genou et de pied sont permis comme en Muay Thai, en plus des coups de tête. Et on se bat à mains nues», explique le combattant de 25 ans, parlant de son sport comme du «plus agressif de la planète». (Voir autre texte)

En quelques combats à peine, Leduc est devenu champion du monde de son sport, devenant du même coup une vedette dans le petit pays d’Asie du Sud-est. «Le Lethwei en Birmanie, c’est comme le hockey au Canada. On ressort vraiment dans la foule et on est reconnu partout», raconte-t-il encore un peu incrédule de vivre cette folle épopée. Même en Thaïlande, où il vit, les moments de tranquillité dans la rue sont rares. «Il y a beaucoup de Birmans qui nous reconnaissent dans la rue et qui demandent des photos à tout moment.»

Bien que la ceinture de champion du monde a évidemment fait de lui un homme heureux, c’est la rencontre de «l’amour de sa vie» qui fait dire à Dave Leduc qu’il mène la vie rêvée en Thaïlande. «Quand je suis arrivé, j’étais heureux, mais il me manquait encore Irina», affirme-t-il à propos de la jolie blogueuse montréalaise qui a mis son cœur KO.

Le coup de foudre

L’histoire a débuté en 2015 lorsqu’Irina Terehova contacte le «Nomad» pour un reportage sur son histoire. Même s’ils ne s’étaient jamais rencontrés, les deux jeunes adultes restent en contact quelques mois jusqu’à ce que le combattant prenne son courage à deux mains.

«Dave m’a invitée en Thaïlande pour deux semaines de vacances, mais quelque chose dans mon cœur me disait que ça n’allait pas être juste un petit voyage», raconte celle qui a déchiré son billet de retour trois jours après son arrivée.

Dave et Irina se sont mariés dans la plus pure tradition birmane en décembre dernier. La cérémonie, regardée par 30 millions de personnes à la télévision, a contribué à leur popularité dans le pays.
Photo courtoisie
Dave et Irina se sont mariés dans la plus pure tradition birmane en décembre dernier. La cérémonie, regardée par 30 millions de personnes à la télévision, a contribué à leur popularité dans le pays.

Un mariage princier

La suite de leur histoire a déboulé jusqu’à leur mariage le 18 décembre dernier, deux jours à peine après le combat de championnat de M. Leduc. Un mariage traditionnel birman qui leur était offert par le promoteur en charge de la carrière du combattant.

«Il est un magnat de la presse birmane. Ça nous a catapultés au rang de vedettes parce que le mariage était télédiffusé sur la télévision nationale. C’est juste fou. On ne connaît personne, mais 30 millions de personnes ont écouté notre mariage en direct», s’esclaffent les deux amoureux qui peinent encore à croire le conte de fées qu’ils vivent. «Il n’y a rien de conventionnel dans notre vie et ça, c’était la cerise sur le sundae», a-t-il dit.

Plus question de revenir

Pour le couple qui file le parfait bonheur en Thaïlande, il n’est absolument pas question d’un retour au Québec. Surtout que la carrière de Dave leur permet de bien vivre malgré le coût de la vie assez élevé sur l’île touristique de Phuket, où ils habitent. «Nous avons beaucoup de chance de pouvoir dire que l’argent n’est pas un problème. Ça nous permet de voyager autant qu’on veut», expliquent les amoureux, qui ont visité deux fois Tokyo dans les derniers mois.

Pour la suite, ils envisagent même de faire venir leur famille en Asie au moment où ils auront des enfants. «On pense déménager bientôt en Birmanie parce que mon sport fait fureur là-bas et on est très bien traités. On voudrait avoir nos parents là-bas avec nous pour fonder notre famille et avoir notre monde proche», confie Dave Leduc, qui prévoit accrocher ses gants dans un avenir rapproché.

«Plus vite je peux accrocher mes gants, mieux ce sera parce que j’ai fait la promesse à Irina que je ne me battrais plus quand on aura une famille. C’est du stress que je veux leur éviter. Je solidifie mon héritage en Lethwei et j’amasse de l’argent en continuant de me battre, mais je ne veux pas continuer un autre 10 ans encore», assure le Québécois qui ne regrettera jamais d’avoir tout laissé derrière en 2015.

Lethwei: un sport violent, mais en pleine expansion

Le Lethwei, sport national de la Birmanie, est une forme de combat à mains nues dérivée du Muay Thaï. En plus des coups de poing, de coude, de pied et de genou, les coups de tête sont permis.
Photo courtoisie
Le Lethwei, sport national de la Birmanie, est une forme de combat à mains nues dérivée du Muay Thaï. En plus des coups de poing, de coude, de pied et de genou, les coups de tête sont permis.

Maintenant champion du monde de Lethwei, Dave Leduc entend promouvoir son sport et espère l’exporter ailleurs qu’en Asie où il prend de plus en plus d’ampleur.

Premier champion de Lethwei à ne pas être originaire de Birmanie, le Gatinois est en train de contribuer à la montée de ce sport violent en Asie. Après des combats en Thaïlande et au Japon, Leduc est convaincu que l’avenir de son sport est prometteur.

«Je considère qu’il n’y a pas de sport plus agressif sur la planète. Ça fait des combats explosifs. On voit vraiment qui sont les plus durs quand on continue après avoir été assommé», explique le combattant.

Chercher le KO

Les règles du Lethwei sont simples, ce qui en fait son charme selon Dave Leduc. Pour gagner un combat, il faut absolument mettre son adversaire KO, point final. «On a aussi droit à un temps d’arrêt durant le combat. Ce qui fait que même si le gars est assommé, il peut se relever et continuer après, ce qu’on ne voit pas en UFC par exemple. Là-bas, si tu te fais knocker, c’est fini, mais pas en Lethwei», précise le champion.

Simple à comprendre

Sa conjointe voit aussi beaucoup de potentiel dans ce sport de par sa simplicité. «C’est sûr que je n’aime pas voir Dave monter dans le ring. Mais j’apprécie le sport et je vois beaucoup de potentiel pour que ça devienne de plus en plus populaire. C’est très facile à comprendre parce que tu gagnes seulement si tu mets l’autre KO, point final. Il n’y a pas de pointage et de juges, donc pas de surprise. C’est toujours évident qui a gagné», ajoute Irina Terehova

Les pour et les contre de la vie de Dave et Irina en Thaïlande

Dave Leduc et son épouse Irina Terehova filent le parfait bonheur en Asie, où ils habitent ensemble depuis un an.
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Les pour :

  • Le climat tropical
  • Les plages
  • Le style de vie «Sabai, Sabai», qui veut dire «Relaxe, Relaxe»
  • La liberté de faire leur propre horaire

Les contre :

  • La distance les séparant de leur famille
  • Les rares occasions pour «manger québécois»