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Nicholas Sparks – Tous les deux: Se reconstruire après l’échec

Nicholas Sparks
Photo courtoisie

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Dans son nouveau roman, Tous les deux, l’auteur américain de formidables histoires d’amour Nicholas Sparks raconte comment un homme se reconstruit après l’échec de son mariage et de sa vie professionnelle. Malgré le chagrin et les défis d’une nouvelle existence, il se dévoue corps et âme pour sa fille... et arrive à retrouver le goût à la vie.

Russell Green, à 32 ans, connaît une belle carrière dans le monde de la publicité. Il a une femme remarquable, Vivian, une fillette adorable, une belle maison à Charlotte, en Caroline du Nord. L’argent coule à flots. Vivian, pressée de retrouver un gros train de vie après que Russell eut décidé de s’établir à son compte, finit par trouver un emploi payant et... quitte la maison.

Désemparé, miné par la peine, submergé par les tâches qui se multiplient, Russell doit apprendre à élever seul sa fille. Nicholas Sparks, en entrevue, confie que c’est la première fois qu’il s’intéresse autant à l’inversion des rôles traditionnels dans un couple. «Autrefois, on ne voyait pas tellement ça. C’est plus courant de nos jours et j’essaie d’écrire des romans qui sont de leur temps, et qui tiennent compte des changements qu’on observe dans la société», explique-t-il.

Le romancier – père de cinq enfants – s’est inspiré de sa propre expérience pour décrire à la fois le train-train quotidien et les sentiments éprouvés par Russell. «Les peurs qu’il ressent, l’ennui qu’il éprouve parfois, le défi de trouver un équilibre entre le travail et le temps passé avec la famille ont beaucoup été tirés de ma propre expérience de père», commente-t-il. Ses enfants ont aujourd’hui 25, 23, 17, 15 ans et 15 ans (des jumelles).

Défi

Créer le rôle de Russell, «un homme qui a vraiment eu une année difficile», représentait un bon défi de création. «Je pense que cela fait aussi écho à la vie des gens: parfois, on reçoit mauvaise nouvelle après mauvaise nouvelle. Le but du roman était de démontrer que tous ces mauvais moments deviennent un peu plus faciles à traverser lorsqu’on a quelqu’un à nos côtés. Ça peut être nos parents, notre sœur, nos amis... Ces gens avec qui on construit une relation solide nous donnent la force de surmonter les épreuves.»

Nicholas Sparks décrit très bien la lente décrépitude d’un couple qui se dirige lentement mais sûrement vers l’échec. Il saisit les émotions à vif, l’incompréhension, le doute, l’impression d’avoir raté quelque chose. Et Vivian, une mère exemplaire, n’est pas l’épouse parfaite...

«Vivian est sans aucun doute le personnage le plus intéressant que j’ai pu créer. J’ai essayé de traduire la désillusion. Un dicton américain dit: comment fait-on faillite? Très lentement... puis tout d’un coup. C’est ce qui arrive dans bien des mariages: ça ne fonctionne pas... et survient un gros événement et tout s’écroule. Et j’ai vraiment travaillé fort pour démontrer la profondeur de l’amour que Vivian éprouvait pour sa fille.» Et Vivian, assure-t-il, n’a absolument rien à voir avec Cathy, la mère de ses enfants, de qui il est divorcé.

Les hamsters

Russell, parmi ses multiples fonctions, se retrouve souvent avec des hamsters à gérer dans ce roman, ce qui donne lieu à des passages cocasses. C’est aussi arrivé au romancier.

«Habituellement, les animaux arrivaient à la maison pendant que j’étais en tournée de promotion pour mes livres. C’est arrivé avec des chiens, des oiseaux, des poissons, des hamsters et des lapins. Les enfants savaient que si je n’étais pas dans les parages, ils pourraient avoir le lapin de leurs rêves... Mais l’amour ne durait que quelques semaines et je me retrouvais avec les cages à nettoyer pendant des années.»

» Nicholas Sparks a vendu plus de 80 millions de copies de ses romans d’amour dans le monde.

» Plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma: Une bouteille à la mer, Cher John, Une seconde chance, Un havre de paix...

EXTRAIT

«La tête me tournait après l’entrevue avec Taglieri, alors que je roulais vers la maison d’Emily. Si je n’avais pas eu le GPS sur mon portable, je n’aurais jamais pu la trouver. Bien qu’elle ne se situe pas très loin de chez moi, je n’étais jamais allé dans ce quartier-là et le chemin d’accès principal n’était pas particulièrement bien indiqué. Les terrains étaient très boisés et les maisons dataient des années cinquante, avec de grandes baies vitrées, un revêtement en bardeaux de cèdre et le rez-de-chaussée surélevé ou surbaissé selon la topographie des lieux.

Une fois garé dans l’allée, j’ai suivi un chemin sinueux qui passait au-dessus d’un bassin à poissons et menait à la porte d’entrée. Quand Emily m’a ouvert, j’ai été frappé par la chaleur de son sourire.

— Je ne t’attendais pas si tôt, a-t-elle dit. Je ne sais pas pourquoi, mais je pensais que ta présentation prendrait plus de temps. Entre donc.»

— Nicholas Sparks, Tous les deux