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«Des médecins se graissent la patte»

La donne a changé en soins médico-esthétiques

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Des médecins profitent des nouvelles règles en soins médico-esthétiques pour «se graisser la patte», dénonce une infirmière propriétaire d’une clinique à Sorel - Tracy, qui dit subir des inconvénients majeurs depuis le 1er mai.

Le Collège des médecins du Québec exige maintenant que les clients qui reçoivent des injections de Botox ou d’autres agents de comblement obtiennent une ordonnance d’un médecin avant que l’infirmière ne procède au traitement.

«J’ai été plus de trois semaines sans pouvoir faire d’injections, alors que cela représente 90 % de mon chiffre d’affaires. J’ai finalement pu trouver un médecin à un tarif raisonnable, mais j’ai vu un médecin qui demandait 7000$ pour une journée en honoraires professionnels! Quelle infirmière peut payer cela?» s’exaspère l’infirmière Geneviève Morin, qui est à son compte à Sorel-Tracy.

Selon Mme Morin, dans certains cas, des médecins voulaient, en échange de leurs services, une ristourne de 25 % sur la facture totale des injections. D’autres médecins demandaient une ristourne de 15 % sur tous les traitements offerts à la clinique, même les soins qui ne nécessitent pas d’ordonnance médicale, fustige-t-elle.

« Ça joue du coude »

«Dans les circonstances, on n’est pas en position de négocier. Plusieurs infirmières en soins médico-esthétiques ont carrément fermé boutique. Pendant ce temps, des cliniques de dermatologues en profitent et font la promotion de Botox et autres produits injectables. Ça joue du coude. On sent que les médecins veulent nous pousser en dehors des soins médico-esthétiques», constate Mme Morin.

La présidente du Regroupement des infirmières et infirmiers entrepreneurs du Québec (RIIEQ), Louise St-Aubin, tient le même discours. «Les médecins prennent le contrôle de nos entreprises. On perd notre autonomie professionnelle et on perd des revenus», opine-t-elle.

Mises à pied

Propriétaire de trois cliniques, Mme Aubin dit avoir perdu 50 000 $ en mai. Elle a dû mettre à pied deux employés.

En outre, comme plusieurs clients au Québec s’adressent à leur médecin de famille pour obtenir une ordonnance, ces consultations sont alors à la charge du régime public, déplore Mme Aubin.