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Le Canada accusé de s’approprier la poutine

Le Canada accusé de s’approprier la poutine
Photo Agence QMI, Joël Lemay

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La poutine, ce met qui fait la fierté des Québécois, serait victime «d’appropriation culturelle» de la part du Canada, selon un étudiant à la maîtrise à l’Université du Vermont.

«Ça me surprenait et ça me dérangeait en tant que Québécois de voir que partout dans le monde, les gens associaient la poutine comme étant un plat canadien, alors que ça fait partie intégrante de la culture québécoise», s’insurge Nicolas Fabien-Ouellet, auteur du texte Poutine Dynamics, qui a reçu hier un prix au congrès de l'Association canadienne pour les études alimentaires, tenu à l'Université Ryerson de Toronto.

Selon lui, la «canadianisation» de la poutine — ce plat combinant traditionnellement frites, fromages en grains et sauce brune — «pose une menace contre la société québécoise».

Stigmatisation

«La présenter comme étant un trait culinaire canadien participe à l’absorption d’une culture mineure par une culture majeure», affirme le jeune homme de Sainte-Foy, qui fait des études culinaires.

Grâce à ses recherches, Nicolas Fabien-Ouellet rappelle que la poutine «a été stigmatisée dans le passé et que c’est pour ça que le Canada ne peut pas se l’approprier».

«Elle a été utilisée pour délégitimer, réduire et se moquer de la société québécoise. Les premières générations ont même préféré se dissocier du plat», souligne-t-il.

Texte viral

Le texte Poutine Dynamics a suscité un débat dans le Canada anglais, alors que le National Post y a consacré un article. Le texte du média anglophone est rapidement devenu viral.

«Je pense que mon but est atteint, puisque le message s’adressait aux gens à l’extérieur du Québec. Donc c’est super intéressant de voir que les gens en parlent», indique Nicolas Fabien-Ouellet.

M. Fabien-Ouellet précise qu’il ne voit aucun problème au fait que des gens à l’extérieur du Québec consomment la poutine, «même qu’il l’encourage, tant qu’on reconnait que c’est un plat québécois».

«Certains ont interprété que je dis que de manger de la poutine est de l’appropriation culturelle, mais ce n’est pas le cas. C’est le fait de l’appeler un plat canadien. Peu importe qui vous êtes, où vous êtes, mangez de la poutine, apprêtez-la comme vous voulez, mais rappelez-vous que c’est québécois», conclut le jeune chercheur.