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Petit scénario d'horreur sur la mort du PQ

Petit scénario d'horreur sur la mort du PQ

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On parle partout, depuis quelques jours, de l’ « entente secrète » conclue entre les partis indépendantistes qui aurait été « reniée » par QS. Mais nulle part on n’explique que cette entente n’a RIEN À VOIR avec la récente décision de QS de ne pas converger avec le PQ aux prochaines élections. Rien à voir.

Sol Zanetti est à cette table de discussion des OUI-Québec depuis le tout début. Le chef d’Option nationale m’explique au téléphone : « On s’est assis là, les partis souverainistes, pour s’entendre sur deux choses.

1. Une stratégie commune d’accession à l’indépendance (de quelle façon on va faire ça).

2. Des ententes électorales (comment faire élire une majorité de députés indépendantistes à l’assemblée nationale).

Quand Jean-François Lisée a été élu chef du PQ sur la promesse qu’il ne tenterait pas de faire l’indépendance si le PQ était élu en 2018, les OUI-Québec eux-mêmes ont décidé de laisser tomber le point numéro 2. On ne ferait quand même pas un pacte électoral entre indépendantistes pour ensuite promettre tous en choeur que, si le peuple nous élit, on ne réalisera pas l’indépendance! Ça aurait été complètement con. »

Le projet d’entente électorale auquel QS a dit non lors de son dernier congrès, Lisée l’avait ainsi déjà fait planter dès son élection à la tête du PQ. Son parti s’engageait à ne pas faire de référendum s’il était élu en 2018; il défendrait donc clairement, lors de la prochaine campagne, une posture fédéraliste. Qu’est-ce qu’il faisait à une table de concertation avec les autres partis indépendantistes?

Je ne sais pas où Véronique Hivon, députée d’un parti qui rate ses rendez-vous avec l’histoire du mouvement indépendantiste tous les 4 ans depuis 1995, trouve l'audace de dire :  « Aujourd’hui, Québec solidaire a raté un rendez-vous avec l’histoire du mouvement indépendantiste. »

Le vrai projet de Lisée, ce n’est pas l’indépendance, c’est une convergence pour remplacer les libéraux. Remplacer les libéraux est d’ailleurs le principal projet de société du PQ depuis vingt ans. Ça en fait peut-être bander certains, mais on ne peut nier que ça lève de moins en moins haut : depuis l’élection du nouveau chef, le PQ a perdu un point par mois, passant de 30 % des voix en novembre à 23 % dans le dernier sondage.

Je comprends que les péquistes capotent en ce moment : la CAQ est en train de leur voler le titre de « seule alternative aux libéraux », leur principale marque de commerce. En 2012, un électeur péquiste sur 4 avait choisi le PQ pour éviter l’élection des libéraux. Ouch. On peut imaginer qu’une bonne partie de ces gens voteront maintenant pour la CAQ. Si le PQ perd ce quart d’électeurs qui cherche principalement à contrer les libéraux, il se ramassera à 17%.

Maintenant, toujours selon ce dernier sondage, si QS et ON fusionnent, ils obtiendraient 18% des votes, dont 3% auraient été piqués directement au PQ. De 17%, le PQ passerait donc à 14%. Il deviendrait le quatrième parti, avec toujours ses propositions pas claires, changeantes, sans véritable personnalité et incapable de marquer les esprits. Pour finir la saignée en beauté, le « vote stratégique » progressiste-indépendantiste quitterait du coup le PQ pour s’en aller à QS-ON.

Le PQ pourrait bientôt s’écraser de façon aussi spectaculaire qu’il a décollé dans les années 70.

Quand ça arrivera, je ne pense pas qu’il restera grand-monde, parmi les indépendantistes de gauche, pour avoir pitié de lui, surtout après les pelletées de mépris qu’il envoie depuis des décennies à ceux qui l’ont quitté.

Ma mère dit parfois : « Fais attention sur la tête de qui tu piles en montant, parce que tu vas les recroiser en descendant. »