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Bombardier a droit au Fonds vert

Encore de l’argent public pour l’avionneur

Bombardier va utiliser la somme provenant du Fonds vert pour inventer un «fuselage avancé respectueux de l’environnement».
Photo d'archives Bombardier va utiliser la somme provenant du Fonds vert pour inventer un «fuselage avancé respectueux de l’environnement».

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Le gouvernement Couillard utilise le Fonds vert pour donner un coup de pouce additionnel à Bombardier, a appris Le Journal.

L’avionneur québécois se partagera avec quatre autres entreprises l’argent d’un programme de 40 M$, dont 17,5 M$ proviennent du Fonds vert, pour le «développement de l’avion plus écologique». Bombardier utilisera cette somme pour inventer un «fuselage avancé respectueux de l’environnement».

Le constructeur va donc développer «des technologies permettant la réduction du poids et une plus grande efficacité de fabrication des structures d’avion en matériaux composites et métalliques».

Lutte aux changements climatiques

Le pécule du Fonds vert doit servir à la lutte aux changements climatiques et est majoritairement payé par les automobilistes québécois. De son côté, Bombardier a déjà reçu 1,3 milliard $ du gouvernement du Québec pour sa participation dans la Série C.

D’autres entreprises participent au programme, dont CAE qui veut «développer une nouvelle génération de technologies de formation de pilotes, synthétique et virtuelle connectée», ce qui permettrait, selon elle, de réduire les GES. Les bilans de ces projets ne seront pas nécessairement rendus publics. Certains seront remis à l’été 2020, «avec des formations confidentielles».

Pas au bon endroit

Pour Greenpeace, cette subvention ne va pas au bon endroit. «L’entreprise est déjà grassement subventionnée. Ce n’est pas là que devrait aller notre argent en priorité pour réduire les émissions de GES», croit Patrick Bonin, porte-parole climat-énergie de l’organisme environnemental.

De son côté, le chercheur Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie, à HEC Montréal, ne veut pas se prononcer sur un projet précis, mais estime toujours que le processus de sélection des programmes financés par le Fonds vert fait défaut. «Une chose est certaine: jusqu’à maintenant, aucune analyse globale ni priorisation des secteurs d’action dans les initiatives de réduction des GES n’a été faite», a-t-il déploré.