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Le militaire leur a donné des «shooters» de GHB

Le militaire Olivier Côté-Vachon a reconnu avoir fait preuve de négligence criminelle et causé des lésions à quatre jeunes qui faisaient la fête chez lui. La Couronne veut l’envoyer au pénitencier.
Photo Roger Gagnon Le militaire Olivier Côté-Vachon a reconnu avoir fait preuve de négligence criminelle et causé des lésions à quatre jeunes qui faisaient la fête chez lui. La Couronne veut l’envoyer au pénitencier.

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Le militaire Olivier Côté-Vachon a fourni des «shooters» de GHB à quatre connaissances invitées le 29 décembre 2015 à son domicile après une tournée des bars du secteur Kénogami, à Jonquière. L’un des participants a bien failli ne jamais se remettre de cette fête qui a mal tourné.

Deux d’entre elles qui n’avaient jamais pris de drogue auparavant ont témoigné mercredi au palais de justice de Chicoutimi pour raconter comment les quatre victimes se sont retrouvées dans un état critique à l’hôpital.

NON-PUBLICATION

«J’étais en arrêt respiratoire. J’ai été réanimé par un ambulancier», a ainsi déclaré l’une des victimes.

Ce dernier, qui n’avait pas compris que le verre contenait la drogue du viol, a entendu «JH» quand il a demandé ce que le verre contenait. Ne faisant pas l’association entre «JH» et «GHB», il a calé son verre.

Le jeune homme, dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication, a cru qu’il buvait une sorte de gin.

«Ça avait un goût bizarre», a-t-il déclaré au tribunal dans le cadre des représentations sur détermination de la peine du militaire de 28 ans.

«Je me sentais mal et je me suis embarré dans les toilettes pour vivre mon malaise. Heureusement qu’il y a eu les ambulanciers», a expliqué la victime.

La rapidité d’intervention a permis de le réanimer après un arrêt respiratoire. Le jeune homme affirme ne pas conserver de séquelles, près de deux ans plus tard.

INCONSCIENT

Une deuxième victime a mentionné avoir demandé à «deux, trois, quatre» reprises ce qu’il y avait dans le bouchon, sans jamais obtenir de réponse. Immédiatement après l’absorption du liquide, il s’est senti euphorique. Il avait consommé de l’alcool pendant les heures précédentes.

«Je n’étais plus capable de parler... je suis tombé par terre», s’est-il souvenu devant le tribunal. Puis, il a perdu conscience et s’est réveillé intubé de multiples façons aux soins intensifs.

Côté-Vachon a plaidé coupable plus tôt cette année à des accusations de négligence criminelle causant des lésions, trafic de GHB et bris d’engagement à deux occasions pour être allé dans les bars avant la fin des procédures, malgré une interdiction.

PÉNITENCIER OU COMMUNAUTÉ?

La procureure aux poursuites criminelles et pénales, Me Karen Inkel plaidera vendredi après-midi en faveur d’une peine de pénitencier.

L’avocat de la défense, Me Charles Cantin souhaite plutôt 240 heures de travaux communautaires.

Bien que Côté-Vachon soit toujours à l’emploi des Forces, il n’a plus d’avenir dans le service militaire.

Le technicien en avionique spécialisé dans l’entretien des systèmes de sauvetage de F-18 ne peut plus être déplacé en mission, à cause de son casier.

Il a décidé d’entreprendre une formation d’électricien. Côté-Vachon aura l’occasion, demain après-midi, d’adresser quelques mots au tribunal, sans être assermenté ni contreinterrogé par la poursuite.