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Ottawa renforce le financement politique

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OTTAWA | Le gouvernement Trudeau va resserrer les règles en matière de financement politique au fédéral, mais on pourra continuer de marchander l’accès aux ministres influents ainsi qu’au premier ministre, s’insurge l’opposition.

Le projet de loi déposé mercredi par la ministre des Institutions démocratiques, Karina Gould, rend plus transparents les cocktails de financement où de riches gens d’affaires payent jusqu’à 1500 $ le billet pour y assister.

Ces campagnes de financement devront avoir lieu dans un endroit ouvert au public, être annoncées publiquement au moins cinq jours à l’avance et des informations sur les invités devront par la suite être divulguées de façon proactive.

«Bien que le Canada dispose déjà de l’un des régimes les plus rigoureux au monde en matière de financement politique, nous sommes conscients que nous pouvons en faire encore plus», a souligné la ministre Gould.

Mais pour le chef du NPD, Thomas Mulcair, le projet de loi C-50 ne changera «strictement rien au fait que les libéraux historiquement et encore aujourd’hui ont vendu l’accès à leurs ministres en retour pour du "cash"».

Justin Trudeau et ses ministres se sont retrouvés sur le grill à maintes reprises dans les derniers mois après avoir été la tête d’affiche de soirées de financement à l’abri des regards avec de riches gens d’affaires.

Les libéraux se sont toujours défendus d’avoir contrevenu à la loi fédérale sur le financement des partis politiques.

Le député néodémocrate Alexandre Boulerice estime que malgré la transparence accrue, des personnes plus fortunées pourront toujours «payer pour avoir un accès privilégié» aux décideurs au pouvoir.

«1500 $, c’est assez élevé, peu de gens sont capables de se payer cela», a-t-il souligné, sans proposer de montant maximum pour les dons aux partis politiques.

M. Boulerice croit que le retour du financement public des partis, aboli par les conservateurs de Stephen Harper, est aussi susceptible d’assainir les mœurs politiques.