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Une chercheuse n’aura pas à révéler ses sources

La chercheuse Marie-Ève Maillé a obtenu gain de cause et n'aura pas à dévoiler l'identité des participants à sa recherche
Photo courtoisie, Hélène Bouffard La chercheuse Marie-Ève Maillé a obtenu gain de cause et n'aura pas à dévoiler l'identité des participants à sa recherche

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La chercheuse de l’UQAM Marie-Ève Maillé n’aura pas à dévoiler aux promoteurs l’identité des participants à une étude qu’elle a réalisée sur la détérioration sociale à la suite de l’implantation d’un parc éolien.

En janvier, le juge Marc St-Pierre avait ordonné que les données brutes recueillies par Marie-Ève Maillé dans le cadre d’une étude effectuée sur le territoire du parc éolien de L’Érable au Centre-du-Québec soient communiquées aux promoteurs.

Il considérait alors que cette information était essentielle à la justice puisque la chercheuse devait agir à titre de témoin expert dans un recours collectif des habitants de la MRC. Mme Maillé n’avait pas pu se défendre à l’époque, mais a présenté une requête pour contester cette décision.

À la lumière de faits nouveaux qui lui ont été présentés, le juge St-Pierre en est venu à la conclusion que l’intérêt public prévalait et qu’il était essentiel de préserver l’engagement de confidentialité survenu entre la chercheuse et les participants afin de soutenir la recherche scientifique.

Soulagée

Mme Maillé s’est dite «soulagée» de la décision du tribunal. Elle est rassurée de ne pas avoir à divulguer des informations qui auraient eu comme effet de miner encore plus le climat social d’une région où subsistent encore aujourd’hui les stigmates de l’implantation du parc éolien.

La chercheuse est d’autant plus satisfaite que cette décision pourrait créer un précédent en ce qui a trait à la confidentialité des données de recherche. Sans que cette décision fasse nécessairement jurisprudence, elle souhaite que les avocats y songent dorénavant à deux fois avant de demander à ce que des chercheurs brisent leur promesse de confidentialité.

«Cette bataille ne concernait pas que moi. Il était important que je la mène jusqu’au bout. Il faut que se développe cette culture de respect de la confidentialité des données et des participants», affirme Mme Maillé.

Qualité des recherches

Cette dernière considère que la protection de la confidentialité est essentielle à la qualité et à la quantité de participation aux recherches. «Il y a beaucoup de chercheurs qui mènent des études sur des sujets controversés. Ils doivent continuer à le faire en pouvant garantir la confidentialité», suggère-t-elle.