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Hydro-Québec a choisi d’inonder un camp autochtone d'Abitibi pour sauver des maisons du sud du Québec

inondation kitcisakik
Photo Courtoisie Jimmy Papatie Le cimetière ancestral de la communauté de Kitcisakik a notamment été inondé par l’eau provenant du réservoir Dozois.

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KITCISAKIK | Les prochains jours seront critiques pour la communauté de Kitcisakik en Abitibi alors qu’Hydro-Québec a choisi d’inonder ses terres et une partie de son campement d’été pour sauver des maisons du sud du Québec.

Pendant les inondations en Outaouais et à Montréal, le mois dernier, Hydro-Québec a emmagasiné le maximum d’eau dans les réservoirs Dozois, Cabonga et Baskatong, situés à 400 km au nord de Montréal.

Or, le réservoir Dozois était rempli à 99 % et Hydro-Québec n’a eu d’autre choix que d’ouvrir les vannes et de laisser s’écouler de l’eau, ce qui a inondé l’accès au cimetière, à une route et à une partie du camp d’été des résidents de Kitcisakik, une communauté qui compte près de 330 citoyens faisant partie des derniers semi-nomades du Québec.

Malgré une entente entre la communauté et Hydro-Québec pour réduire le débit d’eau dans les derniers jours, les prochains jours seront critiques puisque la société d’État devra rouvrir les vannes pour éviter un débordement du réservoir qui est toujours presque plein.

«Ils ont rempli trop vite Dozois, et c’est nous qui en payons les frais. Habituellement, une partie de la communauté est déjà sur le site d’été à ce temps-ci, mais cette année on ne pourra pas y aller. Si l’eau monte encore, nos cabanes seront complètement inondées», explique Jimmy Papatie, coordonnateur en foresterie au conseil des Anicinapek de Kitcisakik.

Trop plein

Même si Hydro-Québec a laissé passer beaucoup d’eau, le barrage est quand même toujours rempli à 99 %, signe que la pluie n’a pas cessé et que le problème persiste. Lundi dernier, le grand lac Victoria, où est situé le campement d’été, a atteint son niveau maximal.

«Je dis quoi moi à la famille qui n’a pas pu [se rendre] enterrer son proche à notre site ancestral? lance M. Papatie. Hydro-Québec ne se soucie pas de la nature et des Indiens, il gère seulement des barrages.»

Les habitants de Kitcisakik sont des semi-nomades et leurs résidences d’été sur le bord du grand lac Victoria dans la Réserve faunique La Vérendrye revêtent une importance historique pour eux.

Hydro-Québec était au courant

En augmentant le débit du réservoir Dozois, Hydro-Québec n’ignorait pas que certains sites environnant la communauté Kitcisakik se retrouveraient inondés.

«On savait que ça allait inonder le chemin forestier pour se rendre [au site]», confirme Mathieu Rouy, porte-parole chez Hydro-Québec. La société d’État explique qu’elle n’avait pas d’autre choix que d’ouvrir le barrage du réservoir Dozois en raison de son possible débordement, qui aurait pu endommager le barrage. «Sans l’utilisation des réservoirs, il y aurait eu plus d’inondations au sud», assure M. Rouy.

La communauté de Kitcisakik

► 330 habitants

► Les enfants du secondaire doivent faire 180 km en autobus par jour

► Font partie des Algonquins

► Semi-nomades

► N’ont jamais cédé leur territoire ancestral

► N’ont jamais voulu devenir une réserve

► N’ont pas d’eau ni d’électricité